Ce billet est d'abord destiné à nos lectrices et lecteurs de Rouen qui sont encore fières et fiers d'être Normands.

Car, à quelques jours des annonces macroniennes qui doivent nous tracer la feuille de route du Grand Paris, un Grand Paris si grand qu'il pourrait, à nouveau, déborder chez nous sur cette vallée de la Seine normande qui donne son visage de majesté à la France mais que certains s'obstinent à penser comme un "axe" sinon comme un tuyau (pour ne pas employer une métaphore plus malodorante) permettant de brancher le Grand Paris sur le port du Havre alors qu'il faudrait penser exactement le contraire, il y a lieu d'être inquiet, notamment du côté de Rouen...

Sur l'Etoile de Normandie en ce 9 octobre 2017, nous avons relevé, la file de commentaires à lire ci-après, postés à la suite d'un billet évoquant le risque d'un nouvel éclatement de l'espace régional normand en conséquence de la volonté du président de la République d'inscrire l'Axe Seine dans le périmètre du futur Grand Paris.

La lecture de ces commentaires est, pour le moins édifiante. Elle commence par une belle affirmation que son auteur, un certain "ED", se garde bien de démontrer:

"La Normandie n'existe pas, c'est un fait."

Certes, la Normandie a recouvré son unité officiellement que depuis le 1er janvier 2016 et cet espace régional normand qui vient, à peine, d'être réunifié est en cours de reconstruction avec, en moins de deux ans, des résultats tangibles et positifs en ce qui concerne le dynamisme économique régional.

Avant de vous laisser lire ce qui suit, disons d'emblée ce que nous en pensons:

Il y a des "capitulards" de l'Axe Seine dans certains milieux économiques rouennais !


 

  • La normandie n'existe pas c'est un fait.

    Vite un axe Seine puissant et un rapprochement de la Haute Normandie avec Paris.
    Marre de voir un Morin sacrifier l'avenir de la Normandie en créant de multiples pôles de décisions. Rouen n'a pas envie de partager son avenir avec Caen ça me parait clair.

Posté par ED, il y a 10 heures

  • ED (???) décrète que ce qu'il n'aime pas n'existe pas. Heureusement qu'un enfant de 5 ans est capable d'affirmer des choses plus intelligentes... Mais cette pétition de principe mérite néanmoins qu'on s'y attarde: à tous les CAPITULARDS d'un Axe Seine parisien qui croient ainsi défendre l'avenir de la métropole de Rouen, nous disons simplement ceci:

    La dernière fois que l'Etat central parisien a tenté de faire disparaître la Normandie, Rouen, autrefois la seconde ville de France a failli rétrograder au rang de ville de la banlieue parisienne, une seconde Mantes la Jolie engluée entre deux villes nouvelles et deux usines classées SEVESO.

    On reste néanmoins éberlué par les effets de la servitude volontaire: envisager la mort de la Normandie c'est le meilleur moyen d'en finir avec Rouen.

    Paul Delouvrier nous a proposé ce cauchemar en 1965 (faire Paris sur Mer en faisant disparaître la Normandie et Rouen dans un magma urbain étiré jusqu'au Havre)

    Gumbach a recommencé en 2010
    et puis maintenant il y a... ED

    qui visiblement a besoin d'aide: sur l'Etoile de Normandie on propose effectivement un antidote sinon une solution: la Normandie.

    Posté par Collectif BEN, il y a 8 heures

  • @ ED
    Je ne sais pas si Rouen a ou n'a pas envie de partager son avenir avec Caen, mais ce dont je suis convaincu, c'est que Rouen a toujours et jusqu'à présent envisagé son avenir contre Le Havre notamment en pactisant avec les milieux politico-économiques parisiens et franciliens ! Est-ce le bon choix ? L'avenir le dira... Pourvu que l'activisme de Rouen ne continue pas à compromettre celui du Havre !

    Posté par L'(Im)pertinent, il y a 7 heures

    • Lécher les bottes de celui qui vous domine en remuant la queue sous la table du maître dans l'espoir que quelques reliefs du repas en tombe n'est pas le bon choix: il y a visiblement des "capitulards" de l'Axe Seine qui pensent si peu qu'ils croient pouvoir être libres en se vautrant dans de plus grands esclavages. Rouen n'a d'avenir qu'en Normandie et en participant à un réseau métropolitain régional avec Caen et Le Havre qui est le seul moyen réaliste de peser et d'exister face à l'emprise tentaculaire de la région parisienne.

      L'enjeu est important: contrôler, piloter, financer, arbitrer, gouverner l'Axe Seine normand depuis la Normandie soit un enjeu national qui pèse avec son prolongement ouest-francilien près de 40% du PIB de la France.

      Un beau challenge pour la Normandie qu'on n'a pas envie de confier à des capitulards, qu'ils soient à Rouen ou ailleurs...

      Posté par Collectif BEN, il y a 5 heures

C'est bien le problème, les Normands (politiques) n'ont jamais réussi à construire un avenir commun. Rouen et le Havre seraient pourtant bien plus forts ensembles, nous devrions être la région la plus dynamique de France, au lieu de cela nous jouons en 3ème division.

Les politiques ont détruit la Normandie, je n'accorde aucune confiance à ces tocards. Je préfère essayer de construire rapidement des relations fortes avec l'une des capitales les plus puissantes au monde pour essayer de sauver les meubles.

Mon commentaire précédent était volontairement provocateur, mais il faut reconnaitre que la solution viendra de l'économique et non du politique.

Je vous souhaite bon courage dans votre combat.

Posté par ED, il y a 4 heures

  • Les "tocards" comme vous dites ne sont pas que les politicards, même si ces derniers, notamment dans les années 1970, ont eu leur part de responsabilité dans le déclin régional normand! Les tocards aujourd'hui sont aussi et surtout dans les milieux dirigeants économiques...

    Le problème actuel c'est une mentalité capitularde acquise notamment à Rouen dans certains milieux économiques. Voit-on une telle veulerie dans le patronat Nordiste ou Breton? Pourquoi cette relation quasi sado-masochiste de soumission à l'égard de la région parisienne que l'on croit toute puissante?

    On devrait relire d'urgence La Boétie du côté du Médef rouennais !
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    Car on n'en finit pas de payer les conséquences du traumatisme général de 1944 d'une Normandie pantelante dans ses ruines urbaines et qui, en conséquence, a perdu toute volonté ou toute souveraineté en matière administrative, politique et économique. Notamment dans ce fameux axe Seine du Havre à Paris en passant par Rouen.

    Surtout à Rouen promise à la plus grande humiliation que l'on puisse imaginer pour une ville française: passer du statut enviable de seconde ville de France à celui peu enviable de banlieue industrialo-portuaire lointaine d'une région parisienne qui devait s'étendre jusqu'au Havre en détruisant l'espace régional normand. C'était en 1965 : le plan Delouvrier avait refusé à Rouen la fonction de métropole régionale du Nord Ouest entre Nantes et Lille. La conséquence fut la confirmation de la division normande, le déclin régional tant à Caen qu'à Rouen qui deviendra visible dans les années 1980 /1990 lorsque le confort infantilisant de la prospérité des Trente glorieuses dans la division régionale et dans la nationalisation parisienne prendra fin avec la fin de la prospérité industrielle fordienne: la Normandie est devenue un pays sous développé peuplé d'ouvriers avec une matière grise autrefois normande mais désormais "montée à Paris" ou partie à Lille, Nantes ou Rennes...

    Nous avons, avec le retour historique à l'unité normande, à faire un choix, 70 ans après 1944:

    1) Soit on choisit votre option, celle d'un chemin de servitude, d'une Normandie à remiser au musée des antiquités avec le risque de stériliser encore plus un espace régional pourtant essentiel au rayonnement international de la France (et pas seulement la région parisienne).

    2) Soit, effectivement, nous poursuivons notre combat qui est, de plus en plus, partagé et porté par une société civile normande en plein réveil pour le retour d'une masse critique suffisante de souveraineté administrative et économique en Normandie pour que nous soyons capables de piloter par nous mêmes l'enjeu national qui se trouve en Normandie...

    Il va sans dire que nous n'avons pas besoin de vos encouragements: l'opinion d'un mort vivant capitulard n'a finalement pas beaucoup d'intérêt !

    Posté par Florestan, il y a 4 heures

Merci pour le mort vivant capitulard, je vous laisse à votre combat moyenâgeux. En attendant, on va bosser pour vous !

Posté par ED, il y a 4 heures.

  • Erreur! grave erreur Mister ED c'est plutôt nous qui bossons pour vous ou plutôt pour tous les chefs d'entreprise qui ont la fibre normande et qui n'ont pas envie de se suicider avec la bande de lemmings dont vous faites partie ! Il y a pire qu'un combat moyenâgeux, il y a le combat d'arrière garde avec le XXe siècle dans le rétroviseur alors que la Normandie est droit devant dans le parebrise du XXIe siècle: le Grand Paris tendu jusqu'à la mer c'est hasbeen et ringard! ça date de l'époque des grandes organisations caporalisées, autoritaires, étatiques inefficaces: voyez le bilan de la mise sous tutelle d'un grand port maritime par un haut fonctionnaire nommé en conseil des ministres depuis Paris... Pas fameux !

    Dans l'actuelle révolution industrielle fondée sur le numérique et l'innovation de rupture, l'avenir est aux réseaux locaux, sur le terrain, réactifs, aux niches de l'hyper qualité sur un marché mondial, à la fusion entre vieille et nouvelle économie, entre traditions ancestrales et innovation grâce au numérique, à la recherche de la qualité de vie, aux organisations de l'espace qui soient durables:

    l'heure n'est plus à l'hyperconcentration des populations, des richesses et des services dans des mastodontes mégalopolitains menacés par l'entropie mais à des territoires à taille humaine très identifiés par des communautés d'acteurs qui en sont fiers, agiles...

    Les Mammouths laineux de Sibérie ont disparu... Pas sûr que le Grand Paris en tant que grand machin prétendant à tout passe le siècle, contrairement à la Normandie !
  • posté par Florestan, il y a 4 heures.

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Le mammouth laineux a visiblement fait son temps... Le Grand Paris étendu jusqu'au Havre aussi !

L'avenir est plutôt à l'agilité d'un couple de léopards normands !

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Face à cette option capitularde qui n'en est pas une, nous proposons aux Normands de Rouen la feuille de route normande suivante... Liste non exhaustive que nos amis lecteurs Normands de Rouen sont invités à compléter:

1) Renforcer le territoire de la métropole de Rouen, en faisant la fusion entre la métropole et le département de la Seine-Maritime sur le périmètre du Roumois avec des élus métropolitains élus au suffrage universel direct.

2) Faire en sorte que le maire de Rouen soit enfin le président de la métropole de Rouen

3) Ne faire qu'un seul pôle métropolitain commun avec Caen La Mer, la CODAH du Havre et Rouen Métropole Normandie

4) Désenclaver Rouen vers le reste de la Normandie et faire le barreau autoroutier qui manque vers Orléans

5) Faire une boucle ferroviaire complète Caen-Rouen-Le Havre avec franchissement ferroviaire sous-fluvial dans l'estuaire et mettre en service un RER normand passant par la future gare Saint Sever rive gauche.

6) Décentraliser à Rouen des grandes écoles ou institutions de recherche nationales dans le domaine de la technologie, du commerce, de la culture et du patrimoine architectural: par exemple, l'Institut National du Patrimoine à Rouen ou un réseau régional des enseignements supérieurs dans le domaine du spectacle vivant à partir de l'Opéra de Rouen (sujet en cours)

7) Régionaliser les grands ports maritimes du Havre et de Rouen et transformer la vallée de la Seine normande en un hub logistique de niveau mondial au lieu de n'en faire qu'un couloir de transit des marchandises tout en camion à la seule destination de Paris (voir, à ce sujet, ce que proposent les logisticiens du groupe "Seine Solutions")

8) Faire de Rouen l'une des capitales mondiales du moteur et des motoristes avec le technopôle du Madrillet: créer à Rouen le moteur propre et faire de Rouen la ville française de l'innovation automobile (c'est en cours...)

9) Organiser un événement festif et participatif "Rouen cause normand" (comme cela se fait déjà à Caen)

10) Positionner Rouen comme métropole de la qualité de vie en mettant en valeur les berges de la Seine et un patrimoine architectural et culturel encore exceptionnel malgré les défigurations de la guerre et de l'après-guerre. (c'est en cours avec la création d'un quartier des musées et la restauration à l'identique de la flèche de la cathédrale).

11) Accueillir à Rouen et sur le réseau métropolitain normand les inévitables externalisations qualitatives d'un Grand Paris menacé par l'extrême complexité, la saturation et la hausse des prix. Il faudrait créer une agence spécialisée à l'échelle des trois grandes agglomérations normandes pour être efficace et chasser en meute. Développer le télé-travail à Rouen et dans toute la Normandie.

12) Préparer la partie normande de l'exposition universelle 2025

13) Un club de foot de la métropole rouennaise durablement installé en Ligue 1


 Dans la dernière livraison de la Chronique de Normandie (n°509 lundi 9 octobre 2017) Bertrand Tierce nous propose un portrait de Frédéric Sanchez, l'actuel président de la métropole de Rouen porteur d'ambitions importantes pour la métropole normande à l'horizon 2020: on y retrouvera une partie de la feuille de route esquissée ci-dessus.

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Manifestement, Frédéric Sanchez est l'homme de la situation pour rallumer le moteur rouennais.

Car il est vital pour l'avenir de la Normandie que Rouen s'affirme enfin comme une métropole régionale. Mais il est tout aussi vital pour la Normandie et donc pour Rouen que cette affirmation se fasse en coopération avec Caen et Le Havre pour non pas faire le vide autour de la métropole régionale (comme cela se fait partout, hélas, en France sur le modèle parisien) mais pour animer un réseau urbain régional.

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