Lors de la dernière séance plénière du conseil régional de Normandie à Caen, nous avons pu avoir un premier bilan des activités de l'Agence de Développement de Normandie depuis 2016 auprès des entreprises normandes. Ce bilan, nous l'avons déjà dit ici plusieurs fois est des plus flatteurs: il est, objectivement, à mettre au crédit de l'actuelle majorité régionale présidée par Hervé Morin qui a parfaitement compris tout l'intérêt de construire une grande politique régionale industrielle et économique qui amplifie la dynamique positive du retour à l'unité normande.

Pour faire simple et abrupt, Hervé MORIN a osé faire en Normandie ce qu'à Paris et dans les grands ministères jacobins de l'Etat, ils n'osent plus faire... Faire ce que font encore "nos amis" Américains qui appliquent un principe d'équité financière dans leurs petites et moyennes entreprises dont le savoir-faire est considéré comme stratégique pour l'intérêt général de la Nation: ce principe de "public / private equity" ou PIPE (acronyme en anglais) consiste à réaliser plus facilement et à moindre frais une augmentation de capital notamment pour les petites et moyennes entreprises qui n'ont pas à leur disposition la technicité juridique et financière pour lancer un appel public à l'épargne sur une place financière... En clair: lorsque l'entreprise n'a pas les moyens d'émettre des obligations et des actions pour se financer à la bourse.

Voir ainsi la définition proposée par Wikipédia du "Private investment in public equity" (PIPE)

Le Private investment in public equity (PIPE) est une augmentation de capital (actions, obligations...) réservée à certains fonds de capital investissement au lieu d'un appel public à l'épargne (on dit aujourd'hui: offre au public de titres financiers).

Ces opérations sont particulièrement appréciées des petites entreprises faisant appel public à l'épargne. Celle-ci émettent pour les fonds intéressés des actions pour un prix généralement légèrement inférieur au prix de marché, la décote ne pouvant toutefois généralement pas dépasser 20 % par rapport au cours. Les entreprises émettrices obtiennent donc des ressources financières plus rapidement. Les fonds d'investissement de leur côté achètent des actions pour un prix avantageux et contrôlent le fonctionnement de l'entreprise en tant qu'actionnaires importants, ce qui leur permet d'optimiser la gestion de la société dans une optique de meilleure rentabilité.

Ce système offre donc de nombreuses garanties et une grande protection financière pour les entreprises concernées mais à une seule condition: c'est que le fonds d'investissement qui entre ainsi dans le capital pour prendre le contrôle de l'entreprise soit lui-même au service de l'intérêt général du territoire dans le cadre d'une politique globale d'intelligence économique. C'est la raison pour laquelle on trouvera assez vite derrière les fonds d'investissement américains, l'Etat fédéral américain lui-même ! Un état américain qui dépense, rappelons-le, la bagatelle de plus de 600 milliards de dollars par an pour son budget militaire qui est, en fait, pour une large part, un budget de recherche-développement et de soutien financier aux entreprises dites "stratégiques pour la défense nationale".

Avec la création d'un fonds normand d'investissement associé aux autres outils mis en place au sein de l'Agence de Développement de la Normandie, c'est bien d'une politique d'intelligence territoriale "à l'américaine" qui est mise en oeuvre au service de l'économie normande et des entreprises normandes par l'équipe Morin...

Alors que les problématiques les plus élémentaires d'intelligence économique ont été ignorées au plus haut niveau de l'Etat français pour sécuriser les fleurons stratégiques de notre industrie, notamment contre l'aggressivité juridique des Etats-unis, on pensera en ce moment avec inquiétude à l'avenir du groupe AIRBUS qui donne du travail à quelques 9300 entreprises françaises dont un gros tiers se trouvent en Normandie, on peut dire que le cas d'école normand, ou plutôt, le laboratoire normand d'intelligence territoriale économique nous donne la preuve que l'économie et l'industrie ne se gèrent pas comme des fatalités météorologiques mais qu'il s'agit, avant-tout de faire des choix stratégiques, prospectifs... En un mot: faire de la politique.


 Signature d’un partenariat entre Normandie participations et les business angels normands

Le 01 Décembre 2017

Le fonds régional d’investissement, Normandie participations et les Business Angels mènent un travail de partage d’informations et de réorientation de projets, les Normandy Business Angels étant des partenaires naturels tant par leur expérience opérationnelle, leur réactivité que par le montant des fonds libérés (inférieurs à 300 000 euros).

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L’objectif du programme « Normandy venture » est de proposer aux entreprises normandes en amorçage ou en petit capital développement une solution souple comprenant deux acteurs du financement qui coopèrent sur des levées de fonds cumulées entre 300 000 euros et 500 000 euros.

Le principe de Normandy venture repose sur la mise à disposition d’une poche d’investissement Normandie Participations de l’ordre de 1 000 000 euros par an pour des tickets d’investissement moyens de 150 000 euros.

Les deux structures concrétisent aujourd’hui leur collaboration pour gagner en efficacité, partager des informations et optimiser leurs ressources humaines.

Normandie Business Angels, un maillon essentiel du financement des entreprises normandes à fort potentiel

Un Business Angel est une personne physique qui investit une part de son patrimoine dans une entreprise innovante et met à disposition des entrepreneurs, ses compétences, son expérience, ses réseaux relationnels. Les Business Angels Normands, seuls ou à plusieurs, sont susceptibles de financer des investissements de 50 000 à 250 000 euros. L’intervention des Business Angels se situe généralement après l'intervention du "love money", levée de fonds auprès des proches, des soutiens publics et des prêts d'honneur permettant à l'entrepreneur de trouver les financements pour démarrer son activité et avant l'intervention des professionnels du capital investissement (capital risque, capital développement).

Les membres de Normandie Business Angels viennent de l'industrie, du service, du conseil et du commerce. Dans des domaines aussi variés que les travaux publics, la pharmacie, l'expertise comptable, la gestion du personnel (DRH), la production sous tous ses aspects : électronique, plasturgie, cartonnage...

Normandie Participations : 17 projets accompagnés pour un total de 15 000 000 €

Normandie Participations intervient en co-investissement en fonds propres ou en quasi fonds propres.

Durant sa 1ère année d’activité, Normandie Participations a réalisé 17 investissements à hauteur de 15 000 000€ et a tissé des liens avec les fonds d’investissement clés normands, avec les filiales des banques du territoire (Crédit Agricole, BNP et Crédit Mutuel), mais aussi avec des fonds d’investissement d’envergure nationale (M Capital, BNP Développement, Unexo, Turenne Capital, ID Invest etc.).

Dans 30 % des cas, les co-investissements avec NBA sont complétés par d’autres apports financiers (Business Angels nationaux ou fonds d’amorçage).


 Cette politique industrielle normande se projette naturellement à l'international puisque la Normandie est la région de France où l'on trouvera le plus d'entreprises présentes sur les marchés mondiaux quelque soit la taille des entreprises: nombre de petites et moyennes entreprises normandes sont, en effet, leader mondiaux sur des marchés de niches très spécialisées et de haute qualification...

https://actu.fr/politique/iran-russie-chine-pays-lesquels-herve-morin-president-region-normandie-aime-commercer_14087766.html

voir aussi:

https://www.normandie.fr/les-branches-du-batiment-et-des-travaux-publics-de-normandie-soutiennent-la-dynamique-de

Le volontarisme de la collectivité territoriale publique normande inspire positivement les acteurs de l'économie régionale: ainsi le Médef découvre l'intérêt d'être dynamique dans le financement des entreprises normandes. C'est quand même plus constructif et intelligent que de faire la promotion de la Normandie, carpette de la région parisienne...

https://www.ouest-france.fr/normandie/medef-accelerateur-un-dispositif-pour-financer-les-entreprises-normandes-5457728


 Une difficulté cependant doit être relevée.

C'est que l'affirmation forte de cette authentique action normande en matière économique et industrielle peut se heurter de façon orthogonale aux choix d'un Etat central jacobino-parisien qui devrait faire preuve d'un peu plus de pragmatisme et d'un peu moins d'idéologie notamment sur le sujet essentiel de la formation professionnelle: alors que le président Macron, depuis sa tour d'ivoire élyséenne semble avoir tranché en faveur d'un apprentissage qui serait entièrement géré ou presque par les branches professionnelles et les entreprises, Hervé Morin président de la Normandie et président de l'association des régions de France estime, au contraire, que c'est aux régions d'organiser la formation professionnelle de la même manière qu'elles organisent déjà les transports et la mobilité sur les territoires: ces deux politiques étant d'ailleurs intimement liées pour assurer le dynamisme des bassins d'emplois locaux d'une économie régionale...

Opposition classique: d'un côté, une vision verticale fondée sur un a priori idéologique (confier l'ensemble de la formation professionnelle aux entreprises). De l'autre, une vision horizontale "de terrain" beaucoup plus pragmatique... Inutile de developper: on sait déjà laquelle de ces deux visions conduira assurément à l'échec!

http://regions-france.org/actualites/actualites-nationales/apprentissage-gouvernement-revenir-raison/

Apprentissage: le gouvernement doit revenir à la raison

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Valérie Debord, Hervé Morin et François Bonneau devant la presse le 19 décembre 2017 à Régions de France

Hervé Morin, Président de Régions de France, François Bonneau, Président délégué, et Valérie Debord, Vice-Présidente de la Région Grand Est chargée de l’Emploi, ont tenu une conférence de presse le 19 décembre au cours de laquelle ils ont expliqué  la position des Régions de France sur la réforme de l’apprentissage. Hervé Morin a écrit le 20 décembre au Premier ministre pour lui demander de recevoir en urgence les Régions.

Lettre au Premier ministre sur l’apprentissage 20122017

Alors même que la concertation sur la réforme n’est pas terminée, et malgré les propos d’ouverture et d’écoute du Premier ministre Edouard Philippe jeudi dernier lors de la Conférence nationale des territoires à Cahors, les Présidents expriment unanimement leur consternation et leur étonnement suite à l’article « Taxe d’apprentissage : ce que veut faire le gouvernement », publié le 15 décembre par « Les Echos », et non démenti par le gouvernement à ce jour.

Le Président Hervé Morin a déclaré: «le Gouvernement se trompe lourdement de modèle s’il confie aux OPCA (Organismes paritaires collecteurs agréés) le financement de l’apprentissage. Les raisons pour lesquelles le modèle actuel ne fonctionne pas tiennent d’abord aux normes imposées aux entreprises par l’Etat, aux changements successifs du législateur sur le financement aux entreprises, mais également à des raisons conjoncturelles».

Pour une réforme courageuse de l’orientation

Le redémarrage de l’apprentissage n’aura pas lieu sans une réforme courageuse de l’orientation. C’est ce qu’ont proposé les Régions dans leurs 18 réformes pour la formation, l’emploi et l’apprentissage publiées le 8 novembre dernier.

Les Présidents mettent en garde l’Etat sur les possibles conflits d’intérêts entre des branches à la fois en charge de la gestion des fonds alloués aux CFA, et de la gestion des centres de formation.

Si l’apprentissage est confié aux branches professionnelles, une part majeure de celles-ci notamment celles relevant du secteur du sanitaire et social pour ne citer qu’elles, ou encore l’artisanat, se trouveront démunie, alors même que des besoins de recrutement forts sont constatés partout sur le territoire. En outre, les territoires ruraux et péri-urbains se trouveront dépourvus d’offres de formation, malgré les besoins des entreprises.

Bien entendu les milieux économiques sont déjà bien associés au pilotage de l’apprentissage par les Régions, et ils peuvent l’être plus encore, notamment pour la redéfinition des cartes de formations et des référentiels plus adaptés aux besoins des bassins d’emploi.

Gel des décisions des Régions concernant l’apprentissage

Les Présidents réaffirment que "l’apprentissage ne doit pas devenir l’otage de la campagne du MEDEF. L’apprentissage et nos jeunes méritent mieux que cela".

Le flou du Gouvernement menace gravement l’apprentissage l’année prochaine. Compte tenu de l’incertitude sur leurs compétences, les Régions suspendent toute décision nouvelle concernant l’apprentissage et appellent le gouvernement à la raison.


 

Commentaire de Florestan:

Hervé Morin le Normand campe sur les mêmes positions que la CGT Normandie qui craint aussi la même chose ainsi qu'une reprise en main par l'Etat central de tous les organismes régionaux du paritarisme, à la demande principal du Médef... Pourquoi? Parce lorsqu'il s'agit d'industrie et d'apprentissage, en Normandie, on sait de quoi il s'agit... Contrairement à ceux qui ne  fréquentent que les salons cossus et feutrés de la capitale.