Ce n'est pas à cause d'un virus chinois mais plutôt d'un cancer qui ronge la francophonie de France depuis des lustres.

Son nom? Le jacobinisme qui permet, aujourd'hui, à certaines "co-morbidités" linguistiques de prospérer au détriment de ce que le centralisme français cherche à préserver: l'unité et le respect de la langue française en France.

On en est hélas loin!

A l'extérieur de l'Hexagone, la Francophonie institutionnelle qu'elle soit gouvernementale ou associative ressemble de plus en plus à une jachère alors qu'il s'agit de notre principal outil d'assurer un "pouvoir doux" à la française dans le monde entier. A l'intérieur, la langue française subit les assauts de plus en plus forts du "globish-19" un virus particulièrement infectieux inoculé par le "soft power"  mondial dominant à nos soi-disant élites médiatiques et politiques concentrées à Paris: dans ce domaine, il n'est, hélas, pas encore question de confinement!

Conséquence, la langue française ainsi attaquée à sa tête manque d'anticorps pour résister. Sauf que ces anticorps syntaxiques et lexicaux pour résister à l'agression permanente du globish-19 qui aggrave l'évolution de la tumeur jacobine qui affecte la langue de la République, se trouvent dans la diversité linguistique régionale francophone qu'elle soit encore présente dans nos provinces ou dans tous nos outremers.

Malheureusement, cette diversité linguistique francophone régionale (qui n'est d'ailleurs pas que francophone) est menacée puisque la tumeur jacobine, telle une langueur séculaire et mélancolique, s'acharne, peu à peu à la faire disparaître dans le vain objectif de faire de la langue française une langue aussi désincarnée et déracinée qu'un espéranto de communication: c'est faire fi de toute la littérature, de toutes les littératures car la littérature des langues régionales, orale et écrite, existe même si personne ne l'entend ni ne la lit à Paris, cette capitale mondiale des sourds et des muets en ce qui concerne l'avenir de la langue française!


 

A l'initiative de l'association des régions de France, il y a un an , une journée d'étude s'est déroulée le 8 avril 2020 au palais du Luxembourg (Sénat) sur la situation actuelle des langues régionales en France. On peut résumer le constat d'un mot simple: la situation est... catastrophique!

Les actes de cette journée d'étude sont enfin publiés et disponibles...

http://regions-france.org/actualites/actualites-nationales/journee-etudes-langues-regionales-peril/

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Journée d’études: les langues régionales en péril

Nous publions ici les actes de la journée d’études organisée le 8 avril 2019 au Palais du Luxembourg sur la situation et les perspectives des langues régionales.

Les actes de la journée d’études du 8 avril 2019 sur les langues régionales

Cette journée était organisée dans le cadre de l’année internationale des langues autochtones 2019 par le Réseau européen pour l’égalité des langues (ELEN), le Congrès permanent de la langue occitane et la Coordination culturelle associative de Bretagne (Kevre Breizh).

“Bien sûr, nous avons d’autres préoccupations en cette période de lutte contre la pandémie mondiale à laquelle nous devons faire face en respectant les mesures nécessaires avec une grande solidarité, en particulier avec les revendications combien légitimes de toutes celles et tous ceux qui sont en première ligne au risque de leur santé ou de leur vie”, nous écrit Tangi Louarn, Président de la Coordination culturelle associative de Bretagne.

 “Espérant sortir dès que possible de cette situation, notre ambition sera aussi de poursuivre nos objectifs de construction d’une société de liberté, d’égalité et de fraternité, respectueuse d’une véritable égalité et en particulier de la diversité des territoires de la France, de ses langues et de ses cultures. Cette diversité est un fondement absolument nécessaire pour l’humanité comme doit l’être aussi la biodiversité.

“Or, vous le savez la diversité linguistique régionale de la France, malgré l’engagement de beaucoup de citoyennes et citoyens, est en péril. L’introduction des langues régionales dans la Constitution ne s’est traduite par aucune loi de protection de ce patrimoine de la France, patrimoine européen et mondial aussi.

“Vous le savez encore, l’usage de sa propre langue est aussi un droit qui fait partie des droits humains fondamentaux. La France a été mise en cause à différentes reprises, notamment par les Nations Unies, pour sa politique linguicide.

“Le ministre de l’Éducation nationale, par la réforme du lycée et du bac, malgré ses dénégations, a réduit considérablement l’accès et l’attractivité des langues régionales, remettant en cause les avancées législatives obtenues récemment en 2013, au lieu de les améliorer. Il méprise ainsi le travail des enseignants, des associations et des citoyennes et citoyens qui œuvrent pour leur développement, voire leur survie.

“Ces actes sont une contribution à la réflexion et à l’action pour nos langues et au-delà pour la démocratie et le type de société que nous voulons. Nous souhaitons que vous puissiez en prendre connaissance dès maintenant, dans l’attente, aussitôt que possible, de nous mobiliser avec vous pour ces enjeux fondamentaux concernant le sens de notre vivre ensemble sur lequel nous sommes actuellement brutalement interpellés.”

Voir aussi:

http://regions-france.org/wp-content/uploads/2020/04/Lettre-annonce-actes-Se%CC%81nat_200402.pdf