Alors que le modèle économique, les valeurs mêmes de l'agriculture française sont sérieusement ébranlés dans la crise actuelle, que les demandes de reconversion du conventionnel vers le bio explosent, que l'impact catastrophique des pesticides fait scandale sur la place publique, que la MSA observe une augmentation des suicides des exploitants agricoles au bout du rouleau et que la société civile exige, de plus en plus, de consommer du local, de l'authentique, du bon, du bio et que les paysages soient préservés, qu'il faut cesser d'arracher les haies, de remembrer ou d'artificialiser la terre agricole autour des villes, la Normandie réunifiée ne serait-elle pas en train de devenir le laboratoire positif des alternatives agricoles vers l'extrême qualité (15 AOC)?

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La vache et le lin: symboles d'excellence mondiale pour la marque "Normandie"!

La construction d'une filière agro-alimentaire globale dont la promotion va être mise au coeur de la nouvelle stratégie de  marque territoriale "Normandie", la généralisation des produits locaux /bio normands dans les cantines scolaires, le soutien financier et foncier au décollage d'une filière d'agriculture bio normande, font l'objet des premières mesures du nouveau conseil régional de Normandie présidé par Hervé MORIN qui a réussi à renouer un pacte de confiance avec les agriculteurs normands.

La stratégie suivie est de ne plus ostraciser personne pour des raisons idéologiques notamment du côté de l'agriculture conventionnelle où les cocus de la FNSEA sont nombreux et sont les premières victimes de la crise. La confédération paysanne a donc gagné la bataille des idées mais, avec sagesse, elle sait, pour l'instant, qu'il faut éviter l'arrogance: même état d'esprit chez Hervé Morin au conseil régional avec l'idée de rassembler tous les acteurs de cette filière essentielle dans l'économie régionale normande et qui contribue grandement à l'image de notre région pour qu'ils soient associés à un grand projet agricole régional normand qui se donne comme objectif prioritaire de rechercher la qualité extrême dans les productions afin d'intégrer la place forte de la plus grande valorisation possible dans un marché de l'alimentation devenu mondial.

  • Dans cette perspective, la Normandie bénéficie d'énormes atouts et d'une longueur d'avance:

1) Avoir eu une certaine modération dans la catastrophique période précédente (1960/1990) où l'dée d'industrialiser les campagnes s'était déchaînée (ex: remembrement du bocage)

2) Avoir su garder une agriculture très diversifiée en évitant la spécialisation à outrance des terroirs dans une mono-production (ex: la Bretagne 100% pur porc ou la Picardie 100% pures betteraves...)

3) Avoir pu développer avec l'IRQUA une politique originale et pionnière de la qualité agro-alimentaire avec 15 AOC, record national pour une région française

4) Bénéficier de la proximité du marché de consommation de la Région parisienne et de la capitale mondiale de la gastronomie, la Normandie ayant toujours fournie (au moins depuis le XVIe siècle) les grandes tables parisiennes.

5) D'avoir un nom historique et prestigieux connu dans le monde entier pour valoriser à l'exportation l'excellence des produits normands.

  • MAIS nous avons des défauts pas toujours liés à nos qualités, que plus de 40 années de division et déclin du rayonnement régional normand ont aggravé et qu'il faut, d'urgence, corriger:

1) L'individualisme méfiant des acteurs de l'agro-alimentaire normand qui découvrent aujourd'hui (mieux vaut tard que jamais!) l'intérêt de construire une filière commune.

2) Une certaine naïveté et un certain amateurisme quant aux questions stratégiques de l'intelligence territoriale, de marketing sur un marché concurrentiel ouvert à tous les vents qu'elles que soient les échelles: le fait que le nom "Camembert" n'ait jamais pu être protégé comme le nom "Champagne" ou "Roquefort" est symbolique!

3) Un retard plutôt paradoxale de l'agriculture normande dans la conversion vers l'agriculture bio, ses certifications, ses cahiers des charges contraignants sous prétexte que l'agriculture paysanne traditionnelle normande encore bien vivante dans le Pays d'Auge, le Nord Cotentin et le Pays de Bray ou les bocages de l'Orne est du "bio qui s'ignore" et qu'on n'a pas besoin de paperasses supplémentaires qu'on est "sire de sei". Ce problème alimente les deux défauts listés ci-dessus...

4) Un vieillisssement de la moyenne d'âge des exploitants agricoles normands qui signifie que la prise de relai par de nouvelles générations va prochainement arriver et qu'il va falloir sérieusement travailler la question très complexe de la reprise des exploitations sachant que selon une étude nationale des MSA de 2014, près de 40% des jeunes accédants ne sont pas fils ou filles d'agriculteurs et que près de 80% d'entre eux ne veulent surtout pas faire d'agriculture conventionnelle mais plutôt du ... bio.

5) Une nouvelle question agraire? Depuis 1789, la France n'avait pas connu une question agraire d'une telle intensité. Certes la question agraire des années 2015/2020 n'aura pas les mêmes conséquences politiques que celle de 1789 puisque la France n'est plus majoritairement paysanne ou rurale. Mais en Normandie où encore près de 20% des actifs vivent de près ou de loin grâce au secteur agricole et agro-alimentaire, cette question de l'accès à la terre agricole pour renouveler le modèle d'exploitation agricole afin de répondre aux nouveaux besoins de la population (on pensera par exemple à la renaissance du maraîchage dans la périphérie des villes) est déjà politiquement sensible...


 

 

  • Lire l'analyse proposée dans le n°445 de la Chronique de Normandie (4 avril 2016):

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