Cela fait des années que nous dénonçons ici un double scandale qui alimente la défiance, le mépris et l'ignorance des jeunes Normands pour leur région au point de les faire fuir en masse (entre 5000 et 6000 post-bac par an sur les deux académies de Caen et de Rouen):

Le scandale d'une orientation institutionnelle organisée par l'Education Nationale qui reste notoirement inefficace et, comme la nature a horreur du vide, le scandale d'une offre subie d'orientation parfaitement biaisée diffusée gratuitement par le groupe de presse ligéro-breton Ouest France dans tous les CDI des lycées de Normandie (tout particulièrement dans les trois départements de la ci-devant Basse Normandie) et qui met systématiquement en valeur les offres de formation professionnelles et supérieures que l'on trouvera outre Couesnon...

Voir, par exemple, notre dernier billet en date sur cette désagréable situation (31 janvier 2017): précisons que nous avions remis en mains propres à Hervé Morin  un exemplaire chimiquement pur de cette propagande bretonne trouvé dans une bannette de présentation bleu marine logotypée au célèbre soleil couchant rouge et installée dans le CDI d'un lycée professionnel de l'académie de Caen...

http://normandie.canalblog.com/archives/2017/01/31/34876264.html

114500273

Alors réjouissons-nous que Ouest France signale, goguenard que Morin souhaite que la région Normandie s'occupe enfin de ce qui la regarde: préparer au mieux l'avenir de sa jeunesse en maîtrisant l'information sur les offres de formation qui sont présentes... en Normandie!

https://www.ouest-france.fr/normandie/normandie-herve-morin-se-verrait-bien-conseiller-d-orientation-5389324

Normandie. Hervé Morin se verrait bien conseiller d’orientation

  • Un quart des places de formation en apprentissage ne sont pas pourvues en Normandie. Le président de Région, Hervé Morin, fait ses propositions. Un quart des places de formation en apprentissage ne sont pas pourvues en Normandie. Le président de Région, Hervé Morin, fait ses propositions. | archives Ouest-France

Stéphanie SÉJOURNÉ-DUROY.

Le président de Région veut se substituer à l’Éducation nationale en matière d’orientation des élèves. Et le projet de réforme de l’apprentissage ne lui convient pas.

Au restaurant, on dirait qu’il a un appétit insatiable. Après la gouvernance des trains en entrée, et celle des ports en plat de résistance, le président du conseil régional, Hervé Morin, commanderait bien aussi le dessert qui se trouve dans l’assiette de son voisin : l’orientation des élèves, aujourd’hui gérée par l’Éducation nationale. Et les crédits qui vont avec.

La fin des dérives « scandaleuses »

Mais d’où vient cette fringale ? Du projet du gouvernement de confier aux branches professionnelles la gestion de l’apprentissage. Deux jours après avoir transmis un courrier au Premier ministre, les présidents de région ont dîné avec la ministre du Travail en milieu de semaine.  « La Normandie fait partie des bons élèves, vante Hervé Morin.  Nous consacrons à l’apprentissage 10 à 15 millions d’euros supplémentaires à ce que nous percevons en taxe d’apprentissage. Ce n’est pas le cas partout. Oui à plus de transparence sur cette dérive scandaleuse mais confier l’apprentissage aux branches n’est pas la solution pour augmenter le nombre d’apprentis. »

Il pointe plusieurs risques. L’aménagement du territoire en est un :  « Vous voyez une branche s’embêter à ouvrir une formation à Tinchebray ? » Il craint que les fonctions transverses, comme la comptabilité, soient oubliées. Et que les branches n’aient pas les moyens de remplir leurs formations.

Des mots en travers de la gorge

Hervé Morin ne veut pas sortir du jeu les filières professionnelles :  « nous avons besoin d’elles pour définir les programmes et les besoins de qualification professionnelle » .

Mais dans une région où les centres d’apprentissage de branche ne représenteraient que 27 % des effectifs, le conseil régional, premier financeur de l’apprentissage en Normandie, ne veut pas être un figurant.

La majorité a fait du sujet une priorité. 10 000 des 40 000 places de formations en apprentissage  « étaient vacantes quand nous sommes arrivés ». C’était il y a deux ans. Les fruits du Grenelle lancé en début de mandat ne sont pas encore mûrs.  « Et le sujet principal pour faire entrer des apprentis, c’est la source : l’orientation », estime Hervé Morin. Qui n’a pas digéré un échange avec un représentant de l’Éducation nationale se targuant d’avoir dans son département de moins en moins d’apprentis.  « Avec eux aujourd’hui, ça ne marche pas. »

Le plan régional des formations et de l’orientation professionnelles sera à l’ordre du jour de l’assemblée plénière du conseil régional qui a lieu ce lundi 20 novembre, à Rouen, à partir de 10 h