Et on n'entendra pas: Yé yéyéyéyéyé !!! De toute façon, Johnny est mort...

On n'entendra pas davantage: "Oyez braves gens!" puisque dans notre aimable République, les tampons de la préfecture s'enfoncent surtout dans les oreilles des citoyens...

NON. Ce ce que l'on entend, au contraire, si l'on dresse l'oreille c'est: "Haro! haro mon duc! On nous fait tort!"

C'est ce que les 49 tilleuls en instance d'être tronçonnés, en bordure du 4ème côté de la place de la République à Caen, nous crient en silence dans la froidure et la neige avant le retour d'un ultime printemps...

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Mais volià que des journalistes qui prennent leur travail au sérieux  viennent de décider de s'intéresser enfin à nos affaires caennaises sur place: saluons cet article courageux proposé par Manuel Sanson de la rédaction de Filfax, à lire ci-après et qui fait écho à ce que nous vous avions déjà compté sur l'Etoile de Normandie dans le billet intitulé "Caen, main basse sur la ville".

http://normandie.canalblog.com/archives/2017/12/21/35977939.html


A Caen, la place de la République des copains ?

https://www.filfax.com/2018/02/05/a-caen-place-de-republique-copains/

Sujet de vives polémiques depuis plusieurs mois, la transformation de la place de la République à Caen, avec la construction d'une vaste zone commerciale en son sein, n'en finit pas d'animer les débats dans la cité ducale. Aujourd'hui, Filfax est en mesure d'apporter de nouveaux éléments dans ce dossier qui sent le souffre à plus d'un titre. Révélations.

Depuis plusieurs mois – c’est peu de le dire –  la ville de Caen s’agite autour d’un grand projet d’aménagement de la place de la République, sise dans l’hypercentre de la cité. Désigné à l’automne 2016 à la suite d’un appel à candidatures organisé par la Ville, le promoteur local Sedelka Europrom doit y ériger 18 000 m2 de locaux en investissant la modique somme de 57 millions d’euros.

Avec le soutien plein et entier de la municipalité dirigée par l’élu LR Joël Bruneau. Et au grand dam d’une palanquée de contestataires- citoyens et élus d’opposition – qui déplorent, ici « une privatisation du centre-ville », ou là, l’abatage à venir d’une cinquantaine d’arbres. Plusieurs pétitions circulent pour faire pression sur la mairie afin qu’elle revoie ses plans tandis que trois recours ont été introduits devant la justice administrative pour contester les conditions dans lesquelles le plan local d’urbanisme (PLU) a été modifié afin de permettre ce bétonnage en règle de la place. Deux d’entre eux ont été formés par l’ancien adjoint à l’urbanisme Xavier Le Contour (PRG). De quoi faire dire à Joël Bruneau « que son opposition instrumentalise ce dossier en vue de préparer les prochaines élections » . Voilà pour la partie emmergée de l’iceberg…

Un adjoint au maire, ancien collaborateur de Sedelka

Au fond des eaux troubles de l’urbanisme caennais, d’autres éléments interrogent. Enmême temps qu’ils apportent de l’eau au moulin des opposants. Et d’abord les liens de proximités entre la ville et le promoteur retenu. Où l’on apprend que l’actuel adjoint au maire pour les finances et les marchés publics de la commune, un certain Michel Le Lan, a travaillé pendant plusieurs années pour le compte de Sedelka-Europrom. « J’ai été sollicité pour commercialiser des programmes immobiliers entre 2010 et 2014 » , confirme-t-il auprès de Filfax . « Mais j’ai quitté mes fonctions dès le jour de l’élection en 2014 » , ajoute-t-il.

Est-il intervenu pour pousser le dossier de son ancien employeur au moment de l’appel à projets ? « En aucune manière , soutient-il. J’ai toujours veillé à bien séparer mes di ff érentes activités. » A ce stade, rien ne permet d’affirmer que Michel Le Lan, par ailleurs membre du cercle Turgot – un think thank ultralibéral bien introduit dans les instances du pouvoir parisien- , a joué un rôle dans l’attribution de l’appel à projets au groupe Sedelka. « Il y a matière à avoir des doutes sur son rôle dans ce dossier » , pique néanmoins un élu municipal sous couvert d’anonymat.

Etonnamment, Michel Le Lan n’a jamais fait mention de cet emploi. Quelques semaines après son entrée en mairie, Ouest France publiait un portrait du bonhomme. Y était récapitulé, dans le détail, son cursus professionnel. Mais curieusement, rien n’apparaissait sur ses fonctions passées chez le promoteur. « C’est une activité annexe et secondaire que j’ai effectuée lorsque j’ai pris ma retraite » , tente de justifier aujourd’hui celui qui se définit par ailleurs comme « un passionné d’immobilier » .

Le petit monde de l’urbanisme caennais…

Autre ramification avérée entre Sedelka et la ville : l’identité du directeur général délégué du groupe, un certain Guillaume Guérin. En poste depuis juillet 2014, c’est le fils de Gilles Guérin, l’ancien patron du service de l’urbanisme de la ville de Caen. « Un homme très courtisé des promoteurs, qui pendant très longtemps, a eu la main sur tout le foncier de la ville » , rapporte sous couvert d’anonymat un membre du collectif de défense de la place de la République. Le bonhomme est parti à la retraite au début de l’année 2015, soit quelques mois avant le lancement de l’appel à candidatures pour l’aménagement de la place de la République. « Gilles Guérin n’a pas eu à connaître la consultation d’opérateurs pour le projet République dont l’idée est née postérieurement à son départ » , assure Malek Rezgui, le président de Sedelka. Selon les confidences d’un élu municipal à un membre du collectif pour la défense de la place de la République, « le projet était déjà dans les cartons de la majorité avant même l’élection
de 2014 » .

Au passage, on apprend, de la plume même du promoteur (lire ci-dessous), que Guillaume Guérin est entré chez Sedelka en 2007. Pendant sept années donc, le promoteur qui employait le fils traitait avec le père sur des projets immobiliers municipaux. Comme un léger parfum de conflit d’intérêts familial… Depuis l’été 2015, Gilles Guérin officie à son compte en tant qu’urbaniste indépendant. Et l’on aperçoit son nom accolé à celui du promoteur sur un autre projet d’aménagement mené en ce moment à Bretteville-sur-Odon, dans l’agglomération de Caen. Pour l’occasion, on retrouve, associés à ce même projet, deux amis de trente ans du maire de Caen, Bruno Coutanceau, son ancien directeur de campagne en 2014 et Thierry Nerrembourg, son conseiller en com’ officieux à la même période. Le monde de l’urbanisme caennais est décidément bien petit…

« Pas d’anguille sous roche »

L’appel à candidatures lancé pour la place de la République a-t-il été pipé dès le départ au profit de Sedelka Europrom ? Rien, en l’état, ne permet de l’affirmer. Mais les liens mis au jour, ci-dessus, entre la municipalité et le promoteur ont de quoi semer le doute. Sauf dans l’esprit de Joël Bruneau. « Je vois très bien sur quel terrain vous voulez m’emmener mais tout a été fait dans les règles. Il n’y a pas d’anguille sous roche » , clame l’édile.
Cela étant, Sylvie Orcier, ancienne présidente de l’association commerçante des Vitrines de Caen et invitée à la procédure de sélection des candidats, se souvient du « peu d’implication » du finaliste retenu face au promoteur Sedelka : « Alors que, selon moi, son projet paraissait correspondre le mieux au cahier des charges fi xé, le porteur de projet (NDLR : groupe Virgil) est venu sans son architecte au moment de l’ultime présentation. » Etrange que, lorsque « le money time » arrive, un finaliste ne jette pas toutes ses forces dans la bataille…

Interrogé sur ce point, Joël Bruneau dit aujourd’hui « ne pas se souvenir » de cette absence. Contacté par mail, Patrick Stéphan, président de Virgil, n’a pas donné suite. D’après l’élu municipal cité plus haut, « les jeux étaient faits dès avant le lancement o ffi ciel de la sélection » . « Joël Bruneau a fait le choix du promoteur local, par souci de clientélisme, escomptant en tirer quelques bénéfices électoraux en ayant fait travailler le tissu économique du cru», avance-t-il.

En tout état de cause, le groupe Sedelka Europrom, fondé par l’autodidacte Claude Jean, oeuvre, depuis plusieurs décennies, en parfaite symbiose avec la ville de Caen. « Aussi bien avec la droite que la gauche » , témoigne Bruno Hergas, ancien président de l’association Hastings Saint-Nicolas toujours très au fait des us et coutumes du microcosme de l’urbanisme caennais. Une lune de miel qui n’est pas exempte de quelques anicroches. En 1999, Claude Jean et son architecte avaient été condamnés par le tribunal correctionnel de Caen pour avoir construit sans permis un bâtiment lors de la réhabilitation de l’ex-clinique Saint-Martin. Tous deux avaient écopé d’une amende de 40 000 francs tandis que l’objet du litige avait dû être démoli. A l’époque, les permis de construire rectificatifs accordés par la ville était apparus irréguliers…

« Un cadeau », selon Xavier Le Coutour

Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. Ce sont les enfants du fondateur qui ont repris le bébé via une kyrielle de sociétés spécialisées dans l’immobilier. Le groupe Sedelka Europrom est désormais conduit par Malek Rezgui, lui-même époux de l’une des filles de Claude Jean. « Un homme très avenant toujours très proche de ceux qui sont au pouvoir » , commente un élu municipal.

De là à lui faciliter la vie une fois son dossier de centre commercial retenu ?  Certains éléments, là encore, interrogent. D’abord le prix de vente de la parcelle ( 7 000 m2) où devrait s’implanter le futur ensemble. Celui-ci a été fixé à 5,2 millions d’euros, d’après Malek Rezgui qui rapporte « que le service des domaines l’a validé » . « Un cadeau, estime pourtant Xavier Le Coutour, élu d’opposition PRG et ancien adjoint à l’urbanisme du maire PS Philippe Duron. Normalement dans ce type de transaction, on prend en compte le potentiel de construction. » Soit tout de même 18 000 m2 de surface prévue à l’arrivée.

Bruno Hergas rapporte « qu’un terrain de 595 m2 a été vendu à un promoteur, qui y a depuis édi fi é un immeuble de quatre étages, pour 525 000 euros en périphérie de la ville à la fi n 2016 » . Soit un foncier au m2 plus élevé dans une zone bien moins attractive… Selon Rudy L’Orphelin, élu municipal EE-LV, « le maire de Caen a laissé entendre que le prix de vente du terrain serait établi à l’aune de l’équilibre général du projet d’aménagement » . Comprendre, aux dires de l’opposant écolo, la rentabilité économique ne serait pas la première priorité de l’édile caennais. Ce que l’élu LR, sans faire mention d’un avis positif des Domaines, confirme : « Les considérations en lien avec la qualité du projet et l’attractivité du centre-ville qui en découle priment sur le seul gain économique immédiat. » Et tant mieux pour Sedelka…

350 000 euros de fouilles payés par la Ville

En la matière, ce n’est pas la seule attention dont bénéficiera le groupe Sedelka. Selon nos informations, les fouilles archéologiques préventives, obligatoires dans ce secteur classé, seront prises en charge par la ville donc par le contribuable. On parle tout de même d’une enveloppe de près de 350 000 euros. « C’est un cadeau totalement injusti fi é » , s’insurge Rudy L’Orphelin. « Cette somme sera prise en compte dans le prix de vente de la parcelle » , rétorque Joël Bruneau. Nul doute que les opposants au maire éplucheront la transaction à venir dans ses moindres détails…

En attendant, le calendrier prévisionnel pour la livraison des bâtiments semble plus que jamais compromis. Annoncé sur le site de la Ville pour 2021, les recours en justice risquent fort de ralentir le projet. « L’acte de vente du terrain n’interviendra qu’une fois l’ensemble des recours purgés » , déclare Joël Bruneau. Sachant que les premières décisions du tribunal administratif ne sont pas attendues avant l’été prochain et que les jugements sont susceptibles d’appel, ce n’est vraisemblablement pour demain. En attendant que la justice tranche, le conseil municipal aura à se prononcer sur la promesse de vente. « Ce sera lors d’un prochain conseil municipal, avant l’été prochain » , annonce Joël Bruneau. A n’en pas douter, la place de la République sera, une fois encore, l’objet d’une belle passe d’armes.

Le promoteur prend la plume

Dans le cadre de son enquête, Filfax s’est, bien évidemment, efforcé de prendre attache avec le président de la société de promotion immobilière Sedelka. Ce dernier n’a pas souhaité échanger en direct. En revanche, après plusieurs relances, le président Malek Rezgui s’est fendu de sa plus belle plume pour répondre aux nombreuses questions qui se posent dans ce dossier. et que Filfax s’était résolu à lui adresser par courriel. Nous en reproduisons ci-dessous l’essentiel :

« C’est bien volontiers que je réponds à vos différentes interrogations ayant trait à la réalisation du projet République de la ville de Caen. Au terme de celles-ci, il semble que l’on vous ait présenté ce projet comme étant le résultat d’un favoritisme, voire d’irrégularités, au bénéfice de la société Sedelka, ce que j’entends contester en vous apportant les réponses ci-après.

Au préalable je tiens à préciser que la société Sedelka exerce l’activité de promotion immobilière sur la ville de Caen depuis 40 ans mais plus largement sur les régions Normandie, Centre et Ile de France. La société Sedelka a été conduite à présenter des projets sous plusieurs municipalités de couleurs politiques différentes mais avec un respect entre les personnes qui a toujours conduit à une relation de confiance facilitant le développement des dossiers sans que ces couleurs politiques n’aient interféré sur les choix. Je tiens à préciser que la société Sedelka a toujours voulu conduire sa politique de développement en s’affranchissant de toutes considérations politiques, voulant que les projets qu’elle souhaite réaliser s’imposent par leur qualité et non par le résultat d’influences qui n’ont jamais eu lieu.

Concernant les personnes sur lesquelles vous voulez avoir des précisions je suis en mesure de vous faire part des indications suivantes : Monsieur Michel Le Lan, retraité, est devenu collaborateur de la société Sedelka en tant que conseiller commercial et a présenté sa démission le 4 avril 2014 dans la mesure où il venait d’être élu sur la liste de Monsieur Joel Bruneau. Alors qu’aucune obligation ne lui imposait, il a souhaité ne plus intervenir au profit de la société Sedelka pour des considérations de disponibilité. Au surplus, Il ne faisait pas partie de la commission chargée de désigner le lauréat de la consultation d’opérateurs.

Monsieur Guillaume Guérin est entré au sein de la société Sedelka en 2007, à l’issue de son cursus à l’école de management de Normandie et de son stage de fin d’étude en qualité de commercial puis a gravi plusieurs échelons pour aboutir au poste de directeur général délégué depuis juillet 2014.
Monsieur Gilles Guérin, retraité de la Ville de Caen, à titre indépendant depuis début 2015 profère des conseils urbanistiques et techniques auprès de plusieurs opérateurs immobiliers sur la ville de Caen et sa région, dont la société Sedelka. Au sein de la ville, il n’a pas eu à connaître la consultation d’opérateurs pour le projet République dont l’idée est née postérieurement à son départ.

La Ville de Caen a décidé d’organiser, en mars 2016, une consultation d’opérateurs sous forme d’un appel à projets en vue de retenir « un opérateur à qui la ville cédera l’emprise foncière (située à l’ouest de la place de la République) en vue de réaliser un programme de construction à dominante commerciale répondant aux volontés d’attractivité et de redynamisation du centre-ville avec un concept de halle gourmande et de restauration ».

Compte tenu de la spécificité du projet et de son importance pour la Ville de Caen, la société Sedelka, associée au groupe Jel Diffusion (commerçant à Caen), a décidé de participer à la consultation et de s’adjoindre les services d’un architecte reconnu nationalement et internationalement en la personne de Jean-Paul Viguier et d’un architecte local la SCP Bienvenu. C’est fort de la compétence et de l’investissement sans faille de l’équipe projet et du personnel de Sedelka que cette dernière a ainsi pu présenter un projet qui répond en tous points aux critères du cahier des charges émis par la Ville de Caen.

La déclaration d’attribution de lauréat de la consultation a été prise par une commission indépendante composée d’élus, notamment M. Bruneau, mais aussi  M. Duron, ancien maire de Caen et opposant aux dernières élections à M.Bruneau, auxquels se sont ajoutées des personnes d’horizons divers ; tels les membres de la CCI, la chambre des Métiers, des riverains, les représentants des associations de commerçants, de l’architecte des bâtiments de France et de l’architecte conseil de la ville. C’est donc une instance indépendante qui a été conduite à prendre une décision sur la base des projets qui lui ont été présentés.

Alors que la consultation ne le prévoyait pas, la commission a décidé de réentendre les 2 équipes, sur les 6 en concurrence, dont les projets étaient les plus proches des critères retenus par la ville à savoir les groupes Sedelka/Jel Diffusion d’une part et Virgil d’autre part. C’est donc dans ces circonstances que le groupement Sedelka/Jel Diffusion a été déclaré lauréat de la consultation.

Le prix du terrain a été proposé par la société Sedelka, purgé d’aléas techniques (fouille archéologique, pollution…) à concurrence de 5 200 000 €, montant dont je tiens à préciser qu’il a été validé par le service des domaines confirmant l’adéquation de la proposition de la société Sedelka aux valeurs du marché. L’opération se réalisera mais est actuellement bloquée par le recours effectué par un élu de l’opposition à titre personnel et individuel, ce qui ne nous permet pas de déterminer avec précision le calendrier du projet et de procéder au commencement des travaux. Pendant ce temps nous continuons à présenter le projet dans différentes réunions publiques durant lesquelles nous constatons une forte adhésion, dont vous pourriez vous convaincre vous-même, en votre qualité de journaliste, en participant à ces réunions.

Enfin, pour répondre à votre question sur le fait de savoir si je suis un ami personnel de Monsieur Bruneau, je peux vous indiquer que mes relations avec le maire sont cordiales mais nous ne pouvons pas parler d’amitié car elles supposeraient une intimité qui n’existe pas, comme ce fut aussi le cas avec les précédents maires.

J’espère vous avoir rassuré sur l’absence d’avantages particuliers dont Sedelka est supposé avoir bénéficier selon vos sources et qu’à présent vous aurez à cœur de nous questionner sur l’intérêt du projet pour la Ville de Caen. Dans l’attente, je vous adresse mes cordiales salutations. »


 Commentaire de Florestan:

Voilà enfin un article précis sur le fond et honnête sur la forme qui offre même un droit de réponse à la partie mise en cause.

Néanmoins on regrettera qu'il ne soit fait aucunement mention, dans cette enquête, du rôle plus que déroutant (pour ne pas dire davantage) de l'Architecte des Bâtiments de France, Monsieur Laprie Sentenac dans cette triste aventure puisqu'il n'y eut aucun cadrage architectural ou esthétique proposé dans le cahier des charges soumis aux candidats de l'appel d'offre à l'origine du projet actuel de "halle gourmande" alors que nous sommes dans le cadre d'un Site Inscrit protégé (depuis 1978 par arrêté ministériel) ainsi que sur plusieurs périmètres de protection générés par des monuments historiques avoisinant la parcelle concernée par le projet SEDELKA.

Outre le fait que cet ABF est donc volontairement aux abonnés absents notamment lors des réunions publiques (pourquoi?), il faut savoir qu'il prend le risque, en autorisant l'abattage du mail de tilleuls plantés-là depuis les années 1960 en remplacement de l'hôtel de ville détruit en juin 1944, de passer outre les recommandations qui président à la bonne gestion du Site Inscrit: ces recommandations stipulent que ces plantations de tilleuls sont à "conserver et à compléter". Manifestement, pour des raisons idéologiques ou pour d'autres raisons que nous ignorons encore, l'ABF du Calvados considère ces recommandations comme nulles et non avenues...

Sauf que dans une affaire jugée en appel en juin 2017 devant le juge administratif de Nantes, ces recommandations superbement ignorées par Monsieur Laprie Sentenac, tout à son désir d'autoriser le permis de construire d'un bâtiment commercial à l'architecture plus que quelconque à l'arrière d'un magnifique hôtel particulier du XVIIe siècle situé, précisément, dans le périmètre du Site Inscrit, sont devenues des arguments suffisamment opposables pour annuler le permis de construire mis en cause au point que le juge administratif crut bon devoir préciser dans son arrêt, lu publiquement, que Monsieur Laprie Sentenac avait commis une "erreur d'appréciation"...

Voilà qui est inquiétant pour l'avenir du patrimoine historique et architectural de notre bonne ville de Caen qui, rappelons-le, a déjà connu son opération de rénovation immobilière radicale sur table rase entre juin 1944 avec les bombes de la Libération et le début des années 1960 avec la fin de la Reconstruction...