Par l'un de ses nombreux caprices sortis de son imagination l'empereur Néron a mis le feu à Rome.

neron_leemage

Par son approche idéologique refusant le réel et par ambition partisane, le Nouveau Maître de Rouen vient de mettre le feu dans notre métropole normande: Nicolas Mayer-Rossignol est un diviseur en refusant de rechercher la voie du compromis avec la réalité pour construire l'intérêt général. Ce faisant, il sabote le moteur rouennais qui est le moteur métropolitain normand!

Pour nous autres, amis de la Normandie, cette semaine de février 2021, restera comme l'une des pires pour l'intérêt général de la Normandie depuis sa réunification il y a, maintenant, six ans:

Lundi 8 février 2021: le conseil métropolitain de Rouen cornaqué par son nouveau maître votait contre le financement le projet d'utilité publique de contournement autoroutier qui aurait permis de débarasser la gangue de bitume, de béton et de camions qui enferme le centre ville de Rouen depuis plus de 50 ans...

Jeudi 11 février 2021: Le Nouveau Maître de Rouen invite à partir de 9 heures, dans son hôtel-de-ville, Edouard Philippe et Anne Hidalgo pour causer de l'avenir de l'Axe Seine dans le dos de la Normandie et des Normands avec, comme vous le savez, l'hypothèque d'une fusion entre l'Ile-de-France et la Normandie sous prétexte de doter le futur Grand-Paris d'une façade maritime intégrée...

Franchement! cela fait tout de même beaucoup pour un seul homme et pour une seule semaine: sachant que le dit NMR est sensé demeurer à son poste rouennais encore six ans, on peut craindre le pire pour l'avenir de Rouen et donc pour celui de la Normandie!

Après le vote de lundi soir qualifié d'historique par une presse quotidienne régionale sans grande imagination, les réactions sont nombreuses: mise à part la joie bruyante des opposants au projet prêts à sabler le champagne,  prédominent l'inquiétude et la colère...


 

Dans le dernier numéro de sa Chronique de Normandie (n°666... Cela ne s'invente pas!) Bertrand Tierce brosse les portraits parallèles de Nicolas Mayer Rossignol maire et président de la métropole de Rouen et de Joël Bruneau, maire et président de la communauté urbaine de Caen.

La peinture est réaliste mais... sévère!

Citation:

"A Rouen c'est différent...

Depuis qu'il a pris les choses en mains, NMR parle beaucoup de sa gouvernance (transparence, participation, modernité) et de sa volonté de préparer "le monde d'Après" (rendez-vous en 2050!) sans toutefois préciser les projets à réaliser pour la mettre en oeuvre. "Rouen, dit-il sera un modèle de métropole de futur"oui: mais le quel?

Aujourd'hui il dit surtout ce qu'il ne veut pas: Non au Contournement, non à Amazon, non au redémarrage de Lubrizol, non à l'extension du Madrillet, idem pour la Plaine de la Ronce... "Il faut savoir dire non pour préparer l'après". Politique de rupture.

(...)

NMR s'affiche comme un élu socialiste qui gouverne avec les Verts et le PC: c'est l'union de la gauche contre la droite et ses alliés, cela facilite les clivages. NMR est écartelé, les Verts tirent d'un côté, les élus de la métropole des territoires tirent de l'autre. La CCI dénonce ses positions "anti-économie". L'Etat, le département, la région expriment leur perplexité: oui, il est difficile d'exister quand on est écartelé.

Mon commentaire:

Chacun de ces refus est source de polémiques. Ses adversaires dénoncent son "dogmatisme partisan" et sa subordination aux Verts. Les milieux économiques, eux, s'inquiètent de ses "postures hostiles", ce qui provoque les réactions indignées des intéressés. C'est le temps des hauts cris et des fractures...

(...)

Rouen, rappelons-le est l'agglomération la plus riche sur le territoire le plus riche de Normandie."

Et revenant pour conclure sur sa comparaison éclairante entre Caen et Rouen, Bertrand Tierce de conclure:

"Mais laquelle des deux est la mieux préparée pour l'avenir? La petite est forte de son unité. Tout le monde tire dans le même sens. La grande, au contraire, gâche ses atouts dans ses divisions internes."

(...)

Pour terminer, ajoutons que NMR cherche à se faire remarquer au plan national comme un élu d'avant-garde, Joël Bruneau lui reste à Caen, son chez lui..."


 

Revue de presse du désastre:

https://www.francebleu.fr/infos/transports/contournement-est-de-rouen-le-retrait-du-financement-de-la-metropole-suscite-l-incomprehension-1612866721

Contournement Est de Rouen : le retrait du financement de la métropole suscite l'incompréhension

Mardi 9 février 2021 à 11:32
Après le vote ce lundi soir en conseil métropolitain, Nicolas Mayer Rossignol, maire de Rouen et président de la métropole et Pascal Houbron, maire de Bihorel, étaient les invités de France Bleu Normandie ce lundi matin.
La métropole de Rouen fait volte-face. Elle ne financera pas, finalement, le contournement Est de Rouen, cette portion à péage entre les autoroutes A 13 et A 28. C'est le résultat du vote organisé ce lundi soir en conseil métropolitain.
à lire aussi La Métropole Rouen Normandie ne financera pas le contournement-est de Rouen

La métropole s'était pourtant engagée, il y a plus de deux ans, à débloquer 66 millions d'euros, sur un budget global de près de 900 millions d'euros.

Nicolas Mayer Rossignol, maire de Rouen et président de la métropole, et Pascal Houbron, maire de Bihorel, étaient les invités de France Bleu Normandie ce lundi matin, le premier est désormais contre ce contournement, le deuxième est pour.

Dans un communiqué, Bertrand Bellanger, le président du conseil départemental de Seine-Maritime, fait part de sa "déception" et de sa "colère".

Le département s'est de nouveau engagé à participer au financement du contournement Est mi janvier. La région Normandie doit se prononcer lundi prochain.


Lire ci-après, l'intégralité de l'intervention du maire de Bihorel au conseil métropolitain de Rouen: colère d'un élu de notre République...

 

Intervention Pascal HOUBRON Maire de Bihorel

Conseil de la Métropole Rouen Normandie

Lundi 8 février 2021

 

Monsieur le Président, chers Collègues,

 Je dois pour débuter mon intervention vous dire combien j’ai un sentiment de honte et de colère qui n’amine à cet instant.

 

Notre beau territoire n’a vraiment pas de chance !

Après les crises successives que nous venons de vivre dans notre pays, comme la crise des « gilets jaunes », et aujourd’hui la crise sanitaire ; après l’accident industriel autour de Lubrizol qui véhicule une image dégradée de notre Métropole Rouen Normandie, un autre événement dramatique est en train de nous arriver…

Depuis des décennies, Rouen souffre d’un trafic routier saturé qui étrangle l’activité économique et empêche les habitants des communes avoisinantes de la ville-centre de circuler en toute sécurité et sérénité.

Pour enfin améliorer le cadre de vie et la santé de toutes et tous, un projet de contournement est de Rouen, appelé aussi liaison A28-A13 est envisagé par l’Etat et les collectivités territoriales pour 2024.

Notre collectivité a déjà à maintes reprises débattue de cette question ; le Président de la Métropole nous a déjà engagés dans la voie de ce contournement.

 J’invite tous les élus à prendre connaissance de la lettre du Président de la Métropole de Rouen à Monsieur le Préfet, ainsi que la lettre des Présidents de la région, du département et de la Métropole au Premier ministre de la France, Edouard Philippe.

La délibération de la Métropole de 2016 n’est pas évoquée dans cette nouvelle délibération. Or, lors de sa séance du 12 décembre 2016, la Métropole a bien délibéré favorablement au projet, et Monsieur le Président a été autorisé  à signer tous les actes utiles à la mise en œuvre de cette décision.

 Ce débat, s’il était honnête et démocratique, devrait se porter sur les modalités d’implantation de cette infrastructure et non sur son utilité qui a déjà été retenu par une très grande majorité d’entre nous.

 Nous devrions en fait débattre ensemble pour obtenir toutes les compensations nécessaires pour parvenir à la neutralité carbone du contournement.

 Nous devrions ensemble exiger son intégration, agir pour obtenir plus de moyens encore pour contrôler sa construction et protéger l’environnement alentour.

 Nous devrions débattre des projets valorisants notre territoire pour contrebalancer les effets négatifs du projet sur les émissions carbone.

 Nous devrions discuter du périmètre d’une forêt urbaine à implanter sur le projet Seine-Sud à la place de friches industrielles qui existent en grand nombre dans notre Métropole.

 Et le Président de la région est prêt à dégager 20 millions d’euros pour y parvenir.

 Nous devrions débattre du développement de notre grand port pour encourager le développement du fluvial et du ferroutage…

 Au lieu, de ça, nous refusons d’écouter ceux qui font la richesse de notre Métropole à savoir les acteurs économiques ; nous refusons de suivre les études nombreuses qui ont été réalisées par notre administration, celle de l’agence d’urbanisme, celle de l’Etat, de ATMO, de l’ARS…

Il convient de remarquer le caractère extrêmement orienté, pour ne pas dire malhonnête, de la présentation de l’avis de la commission d’enquête publique.

A la lecture de la délibération de la Métropole, on ne comprend vraiment pas pourquoi toutes ces instances (Commission Mobilité 21, Commission d’enquête, Conseil d’orientation des infrastructures, Conseil d’Etat) ont validé ce projet.

Quel signal donnons-nous ? Celui de ne pas écouter, d’agir par idéologie politique sans discernement et surtout, ce qui vous fait défaut, sans aucun bon sens.

Je ne parle même pas d’attractivité ; quel investisseur voudra s’installer dans une Métropole qui ne les aime pas ! Mieux vaut investir dans les intercommunalités voisines, ou même au Havre ou à Caen où les élus leur ouvrent les bras et agissent avec eux pour lutter contre le réchauffement climatique.

Nous préférons nous tirer une balle dans le pied, nous pénalisant à jamais dans la concurrence que se livrent les territoires entre eux.

 Ici, on les fait fuir en leur parlant d’un monde d’après sans eux…

 Car votre « « monde d’après » c’est en fait celui d’avant, en pire !

Vous ne pensez que décroissance, décadence, abaissement, contraintes, pénalités, et surtout à un retour à un monde où seuls les nantis pouvaient voyager et s’offrir des biens et des services accessibles.

 Votre moralisme mal placé est à vomir quand il atteint ce niveau de cynisme et d’ironie.

 Mon monde d’après, me concernant, c’est celui qui répare, qui compense, qui corrige qui neutralise les impacts de nos activités humaines sur l’environnement.

 Mon monde d’après, c’est un monde où tous les habitants ont un accès égal à l’éducation, à la santé, au travail et au logement.

 Pour aller dans ce sens, il faut donc plus d’innovations, d’incitations, et réflexions pour limiter l’impact de nos vies et ne pas occulter celles des générations futures.

 C’est donné envie à nos jeunes, à nos entrepreneurs, à nos fonctionnaires de trouver les solutions optimales pour gérer nos ressources, encourager l’économie circulaire, améliorer la performance énergétique de nos bâtiments.

 Mon monde d’après c’est enfin, la possibilité pour tous de voyager, de partir en vacances, de bien vivre sur notre terre.

 Nous n’aurons pas dans l’avenir moins besoin de mobilité, mais au contraire de plus de mobilité… et le problème ne porte pas sur les infrastructures routières, mais sur ce qui roule sur ces routes !

 Toutes les études que vous citez, comme pour vous dédouanez de la décision que vous allez prendre, ne tiennent pas compte d’une chose : les véhicules de demain seront électriques, hydrogènes, et autres innovations, et ne rejetteront plus la pollution d’aujourd’hui.

 Mais ils seront encore plus nombreux dans les décennies qui viennent et vous allez rendre dingue tous ceux qui passeront des heures entières dans les bouchons.

Le développement du e-commerce que vous bannissez   est une tendance lourde qui implique le déplacement des marchandises jusqu’à chez vous, jusqu’au dernier kilomètre ; on appelle ça la logistique urbaine.

 Comment cela sera-t-il rendu possible sans infrastructure adéquate ?

 Aucune étude sérieuse n’existe dans cette métropole sur les flux de circulation des biens et marchandises.

 La délibération compare le coût au km du Contournement avec des coûts moyens d’autoroutes et de LGV. Ces comparaisons visent à  montrer le coût très élevé de cette infrastructure par rapport à des infrastructures comparables. Sauf que justement, elles ne le sont pas, et les chiffres utilisés sont probablement datés et en tous cas non pertinents.

Ainsi, le coût des LGV n’a cessé de croitre dans le temps, et les deux dernières LGV ont des coûts au km de 25,4 M€ pour Tours-Bordeaux, et 18,7 M€ pour Bretagne-Pays de Loire. La LGV PACA est estimée pour sa part à 57,7 M€/km.

Quant à la LNPN, dans sa partie Rouen-Yvetot, et sans compter la gare Rouen St Sever, son coût est estimé à 1,45 Md€ pour 36 km, soit 40,3 M€/km.

 Les réductions de trafic évoquées sont en partie juste (-83% de PL dans le tunnel de la Grand ’Mare, -64% de PL sur le pont Mathilde, -66% de PL sur le boulevard industriel), mais également erronées : alors que la délibération parle d’un effet nul sur les quais bas rive droite par exemple, -35% de PL.

 Contrairement à ce que la délibération indique, le Contournement aura bien un effet sur une partie du trafic d’échanges, en le limitant dans l’hyper centre, avec notamment une baisse de 50% du trafic d’échange sur les quais bas rive droite.

 La délibération insiste lourdement sur ce qui consisterait, selon elle, en une « fragilité majeure » du projet, à savoir le fait que les calculs supposent une interdiction (et le respect de celle-ci) du trafic de transit PL en centre-ville dès lors que le Contournement serait construit. Comme cela est rappelé tout de même, les modélisations ont pris un taux de non-respect de 15%, celui observé avec l’interdiction des quais hauts à Rouen.

 Mais surtout, la délibération indique que ces interdictions devront être mises en œuvre par les collectivités, qui n’ont pas les moyens de le faire. Pourtant, ce genre de chose existe en de nombreux endroits en France, y compris en Normandie (le long de l’A28 Sud par exemple). On pourrait en outre tout à fait imaginer des systèmes de reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation pour détecter les PL en transit.

On peut également noter que la délibération semble regretter que le Contournement contraigne à requalifier la N28 et la RD18E pour contraindre le trafic. Or il s’agit au contraire là d’une belle opportunité pour rendre ces axes plus apaisés, aptes aux circulations douces, ce qui est pourtant un des intérêts du projet : rendre possible l’apaisement de la circulation au centre de Rouen.

D’ailleurs, la délibération le dit elle-même : « l’évaluation de l’impact de l’infrastructure sur la qualité de l’air dépendra fortement de la requalification des pénétrantes de Rouen pour favoriser la vie locale ainsi que les modes de déplacements actifs et les transports en commun. »

 Concernant les émissions de CO2 et de polluants, il convient de rappeler que le modèle utilisé pour calculer ces émissions ne prend pas suffisamment en compte la surconsommation et donc la surémission de CO2 et de polluants liée aux embouteillages quotidiens.

 En outre, les hypothèses d’émissions ne tiennent pas bien compte de l’amélioration continue des motorisations, et du développement de véhicules à faibles voire très faibles émissions (PL au biogaz ou à l’H2).

 Le paragraphe concernant la consommation des terres cite le projet de loi issu de la convention citoyenne sur le climat, qui, comme tout projet de loi, évoluera très significativement avant son adoption, et il en prend déjà le chemin.

En revanche, la délibération ne cite pas le SRADDET de la Normandie, qui lui est applicable, qui fixe lui aussi un objectif de réduction par deux du rythme de consommation des terres, mais en neutralisant l’effet de grands projets structurants, dont le Contournement fait partie, comme la LNPN. Dans le cas contraire, en effet, comment pourrait-on imaginer construire la LNPN que la Métropole appelle de ses vœux ?

 Par ailleurs, ce paragraphe place la Métropole dans une situation d’un «clandestin opportuniste», qui envisage de profiter des terres agricoles mises en réserve pour le Contournement Est par la SAFER.

 Après un passage lyrique et réconciliateur sur le fait qu’il faut aborder la question avec nuance (tout en ayant présenté les choses de manière totalement biaisées jusque-là), on en arrive à la partie la plus « intéressante » de la délibération : celle portant sur les alternatives au projet, qui fonde finalement une partie de la décision de ne pas financer cette infrastructure.

 On nous dit que la « Régulation des poids lourds aux heures de pointes, y compris pour la desserte locale par la réalisation de centres routiers au nord et à l’est de l’agglomération (A28, RN31), une réflexion sur l’avenir du centre routier du Grand-Quevilly (RN338) et la mise en place d’un système de contrôle strict ».

 C’est fort !

 Après avoir dit que les collectivités n’avaient pas les moyens de mettre en place des contrôles de flux de transit, voilà que la proposition consiste à mettre en place un système de régulation, et un contrôle strict, ainsi que des centres routiers (consommateurs d’espace pour des centaines de PL).

On ajoute ensuite une nouvelle proposition surprenante : la « Mise en place d’un péage à la hauteur du Pucheuil (A28) et régulation du tarif en fonction du trafic (modèle de l’A14). 

La mise en place d’un péage, a minima pour les Poids Lourds au Pucheuil sur l’A28, dont l’itinéraire est aujourd’hui totalement gratuit en direction de l’A13 jusqu’à Pont de l’Arche, avec régulation par variation du tarif péage en fonction des horaires (plus cher aux heures de pointe) comme cela se fait par exemple sur l’A14, et des aires de stationnement dédiées pour les Poids-Lourds »

 Après avoir critiqué la mise en place d’un péage, la « solution » consisterait à mettre en place un péage… sur une autoroute gratuite. Et la délibération n’aborde pas le fait qu’un tel péage semble juridiquement impossible :

L’article 122-4 du code de la voirie routière définit que l'usage des autoroutes est en principe gratuit.

 Toutefois, il peut être institué par décret en Conseil d'Etat, pris après avis de l'Autorité de régulation des transports, un péage pour l'usage d'une autoroute en vue d'assurer la couverture totale ou partielle des dépenses de toute nature liées à la construction, à l'exploitation, à l'entretien, à l'aménagement ou à l'extension de l'infrastructure. », ce qui est le cas du contournement.

 L’objectif de ce péage serait de dissuader les PL d’emprunter l’itinéraire N28-pont Mathilde-RD18E au profit de l’itinéraire N29-A150-Pont Flaubert-Sud III.

 L’Etat a examiné cette hypothèse, et l’analyse est disponible pour une bonne information aux élus.

Mais on peut déjà remarquer que ce « Contournement Ouest » n’en est pas un puisqu’il passe à proximité immédiate du centre-ville de Rouen (pont Flaubert) et ce d’autant plus que les développements urbains, notamment ceux portés par la Métropole, se situent dans ce secteur, à travers deux éco-quartiers, Luciline rive droite et Flaubert rive gauche, qui doivent accueillir des dizaines de milliers d’habitants et de travailleurs.

En outre, cet itinéraire conduit à augmenter le parcours des PL de 20 km, ce qui ne manquera pas d’augmenter les émissions de CO2 et de polluants.

 Enfin, l’itinéraire passe par l’A150 et le pont Flaubert, sujets à de très forts embouteillages aujourd’hui, et les aménagements prévus (têtes Nord et Sud) ne permettront pas d’accueillir du trafic supplémentaire.

La délibération pointe également fortement le sujet du péage, soulignant les incertitudes sur son niveau, qui sera lié à la négociation avec le concessionnaire. Elle oublie totalement d’évoquer ce que l’Etat a indiqué dans son mémoire de réponse à la Commission d’enquête :

 « Reconfiguration autoroutière de la tête sud du Pont Mathilde et transformation des principaux carrefours à feu de la RD18E en échangeurs autoroutiers avec une restitution de liaisons avec la RD18E via le chemin du Halage. »

 Ces propositions tendent à transformer le Boulevard industriel, pénétrante débouchant sur le pont Mathilde à 1km de la Cathédrale de Rouen, en une autoroute !

La Métropole ne veut pas d’une autoroute en périphérie, au motif notamment que cela nécessiterait de requalifier le Boulevard industriel, mais propose la transformation de cet axe en autoroute !

C’est d’autant plus surprenant que le Contournement Est de Rouen, en permettant un allègement de près de 70% du trafic PL sur cet axe, ouvrirait des possibilités de requalification en faveur des TC, modes doux, végétalisation, etc.

En outre, le réaménagement de la tête sud du pont Mathilde pour en faire un échangeur autoroutier plus complet aurait vraisemblablement une interférence forte avec la tranchée ferroviaire couverte rive gauche et viendrait perturber la configuration de la future gare St Sever.

Le montant de ce type de travaux peut être estimé, compte tenu du contexte urbain dans lequel ils s’insèreraient, à plusieurs centaines de M€.

On nous dit aussi dans la délibération que la Métropole favorise l’« appui sur les infrastructures départementales (RD12, RD85, RD13) avec la création de contournement des villages et bourg impactés »

Ce que propose la Métropole, c’est donc, au frais du Département de la Seine-Maritime, de construire un Contournement Est à base de routes départementales, passant par Morgny-la-Pommeraye, Martainville-Epreville, Fresne-le-Plan, La Neuville Chant-d’Oisel, Quévreville-la-Poterie, et d’y faire passer les milliers de PL que le Contournement Est devait accueillir.

 Puis, on nous explique qu’il y aurait une « meilleure articulation Sud III - Boulevard Maritime pour la circulation des poids lourds. 

Et, la mise en place d’un itinéraire obligatoire pour les poids lourds sur le boulevard maritime délestant la Sud III. »

 Cette proposition consiste en réalité à faire circuler les PL sur le boulevard maritime, soit en zone Seveso sur de longues portions, plutôt que sur la Sud III.

Il est écrit également : « La mise en place de voies réservées sur les principaux axes routiers structurants desservant la Métropole (Sud III, A150, RN28, RD18E, …), afin de favoriser un essor massif du covoiturage et d’envisager des lignes de transport en commun express et/ou à haut niveau de service ; une première étude sur l’A150 pourrait être conduite très prochainement. »

Des études ont déjà été menées sur ce sujet, notamment sur la Sud III.

Elles se heurtent toutes au niveau de trafic très élevé sur ces axes, qui ne permet pas, sauf à congestionner  totalement les voies de circulation de la Métropole, d’envisager réserver une voie pour le covoiturage/transport collectif.

Avec la réalisation du Contournement, qui abaisserait la pression routière sur ces voies, cela serait justement plus envisageable pour le boulevard industriel et la N28.

Encore, il est écrit dans la délibération la volonté d’une « mise en place d’une voie véhicules lents sur l’A150 dans le sens Rouen vers Barentin, en utilisant les délaissés de l’infrastructure, ainsi que l’installation de murs anti-bruit et l’étude de la mise en place d’un BHNS. »

La proposition consiste donc à ajouter 2 voies de circulations à cette autoroute dans le sens Rouen Barentin, et 1 voie dans l’autre. On passerait donc d’une infrastructure à 4 voies à une autoroute à 7 voies. Il n’est même pas acquis que cela soit techniquement possible compte tenu de l’insertion de cette autoroute, qui passe en outre en proximité forte de zones fortement urbanisées.

On continue avec la rédaction du paragraphe suivant : « Un engagement de l’État précis, chiffré, inscrit dans un calendrier pour une réalisation à moyen terme des aménagements de la tête nord du Pont Flaubert, permettant d’achever l’infrastructure autoroutière existante. »

 L’Etat ne demande que ça !

Et d’ailleurs les études pour l’aménagement de la tête Nord du pont Flaubert sont inscrites au CPER 15-20. Mais pour avancer, il faut avoir une connaissance détaillée de la trame viaire prévue sur le secteur par… la Métropole, ce qui n’est pas le cas à ce jour.

Il faut connaître les intentions de la Métropole sur l’évolution du TEOR dans ce secteur, des projets d’urbanisation, et le cas échéant de la mise en place ou non d’une halte ferroviaire à Fond du Val.

En clair, pour avance sur ce secteur, il faut que la Métropole avance elle-même sur ses projets.

 Par ailleurs, sur le fond, l’aménagement de la tête Nord, identifiée depuis la construction du pont comme étant un point de difficulté à régler, coutera vraisemblablement entre 200 et 300 M€.

L’aménagement de la tête Sud, inscrite au CPER 15-20 (et financée par l’Etat à 50%, la Région à 25%, le Département à 10% et la Métropole à 15%) va déjà couter 180 M€.

Comme vous pouvez enfin vous en rendre compte, cette rédaction de la délibération n’est pas sérieuse et est en réalité un « copié – collé » d’un  document produit par l’association « Effet de serre toi-même », présidée par Guillaume Grima.

 

On y retrouve toutes les « alternatives » proposées par la Métropole.

Il est assez clair que c’est cette association qui a rédigé cette délibération en grande partie ; l’administration qui a toujours travaillé le dossier favorablement, ne pouvait pas se dédire aussi facilement.

 Pour conclure, aujourd’hui, après un demi-siècle de tergiversations, il n’existe plus d’obstacles majeurs à l’exécution de ce projet, et les élus qui voudraient s’y opposer se trompent lourdement de combat, et nous tirent une balle dans le pied dans la concurrence que se livrent les territoires.

 

Dire NON maintenant, c’est refuser le progrès par idéologie décroissante.

 Dire NON au contournement, c’est renforcer les difficultés de l’ensemble du monde économique de notre territoire qui n’a pas besoin de cela pour sauvegarder les emplois.

 Dire NON encore, c’est faire fi des décennies de réflexions, de débats, de concertation des élus qui ont tellement réfléchis aux impacts d’un tel projet.

 Dire NON enfin, c’est abandonner à leur triste sort les habitants des Plateaux Nord et Est qui continueront à subir les milliers de camions qui passent sous leurs yeux sans alternative réelle.

 Les habitants des Hauts-de-Rouen valent-ils moins que les ceux qui habitent le cœur de Métropole ?

 Face à ces évidences et à ce projet de contournement qui se veut être une réponse adaptée aux enjeux de la métropole, on peut se demander pourquoi alors des élus s’y opposent égoïstement ?

 Les écologistes ont pour eux la cohérence et la clarté.

 Ils ont toujours été contre ce projet, même s’ils se trompent – une fois de plus – dans leur combat contre le progrès.

 Le nouveau président de la Métropole et Maire de Rouen, jusque-là défenseur du projet, a eu une « révélation » lors de la dernière campagne municipale.

 Si je veux bien croire à l’honnêteté et la sincérité de son virage à 180°, je ne peux imaginer la même conversion de l’ensemble des élus socialistes siégeant à la Métropole !

 Tous les maires qui ont toujours unanimement voté le financement de cette infrastructure, ne peuvent pas tenir un autre discours que celui de l’arrangement politicien, s’ils devaient confirmer la décision de stopper le financement du projet.

 Il faut alors la décence d’exprimer clairement que l’abandon d’un élément fort de notre contrat de territoire signé avec l’Etat et les autres collectivités a été « lâché » aux écologistes dans le but de conserver le pouvoir au sein de la Métropole…

 Ce serait la démonstration que ce renoncement est purement politique, pour ne pas dire politicard.

 Je veux croire pourtant que ces maires qui ont le sens de l’intérêt collectif, prendront leur décision sans pression de l’exécutif du Conseil Métropolitain.

 A vrai dire, si nous comptabilisions, non pas le nombre de voix dans cette instance, mais le nombre de Maire de la Métropole favorables au projet de contournement, nous serions majoritaires.

 A travers ma longue intervention, je veux exprimer une réelle angoisse car l’enjeu est fort de se voir pénaliser pendant des décennies et de donner un mauvais signal aux habitants.

 Nous ne pouvons pas attendre plus longtemps le début des travaux de cette infrastructure tant attendu.

 Nous ne pouvons plus supporter les 5000 poids-lourds chaque jour qui passent sur l’axe du Tunnel sous la Grand ’Mare – Pont Mathilde.

 Nous ne pouvons plus accepter de voir transiter les transports de matières dangereuses via nos centres villes et risquer une nouvelle catastrophe chaque minute.

 Nous voulons au contraire, grâce au contournement-Est de Rouen, nous réapproprier l’espace public pour le partager d’une manière plus apaisée dans nos déplacements.

 Les efforts réalisés pour encourager l’insertion paysagère, pour limiter l’impact sur l’activité agricole, pour éviter les nuisances sonores, pour améliorer la qualité de l’air urbain, et pour compenser les impacts environnementaux ont été très élevés et ont fait l’objet de nombreuses études et engagements sérieux.

 La délibération ne mentionne nulle par l’existence d’une charte de valorisation réciproque de l’infrastructure et du territoire, signée de toutes les parties prenantes, dont l’Etat, la Métropole, la CASE, la Région, le Département de Seine-Maritime, et qui vise à formaliser les engagements des partenaires. Les questions de mobilité et d’aménagement y sont notamment largement abordées.

 Tout est prêt pour nous faire rentrer dans le « monde d’après », celui d’un meilleur cadre de vie, d’une plus forte attractivité, et d’une plus grande solidarité des territoires entre eux.

 Voilà la Métropole de Rouen que je veux pour demain, et le contournement permettra de mener tous les projets métropolitains qui sont bons pour tous les habitants sans oublier ceux qui subissent les affres de la société d’aujourd’hui.

 Alors oui, j’ai honte de siéger à vos côtés, vous qui n’avez pas conscience des ravages de votre politique sectaire et fanatique.

 De grâce, élus socialistes, retrouvez votre bon sens et votre lucidité.

 Je vous remercie de votre attention.

 Pascal HOUBRON

MAIRE DE BIHOREL


Le groupe d'opposition présidé par Laurent Bonnaterre a quitté la séance du conseil métropolitain de Rouen après le vote en dénonçant un simulacre de démocratie:

https://www.linkedin.com/posts/laurent-bonnaterre-011561163_conseil-de-la-m%C3%A9tropole-rouen-normandie-du-activity-6764782977764364288-99BJ/

1612849944144


Vote du conseil métropolitain de Rouen: le témoignage de Marine Caron:

https://www.linkedin.com/posts/marine-caron-0770a8a8_contournementest-activity-6764690763012984832-Lo_0/

ll aura fallu attendre près de 5h de débat et de leçons à tout va pour que finalement la Metropole Rouen Normandie décide d'abandonner le projet de #ContournementEst.

L'histoire se souviendra de ce moment. Oui certains ont raison et jouissent déjà de l'écrire sur les réseaux sociaux avant même que le vote n'ait eu lieu, quand d'autres préparaient de leur côté des tribunes à paraître dans la presse avant que le débat n’ait commencé…

Mais, n'oubliez pas que ce soir s'est aussi joué l'avenir de notre territoire qui en payera le prix durant de très nombreuses années.

L'histoire se souviendra des noms et prises de positions de chacun.

L’avenir ne l’oubliera pas.

N.B. : la lecture des « pour » sur la photo correspond en réalité à ceux qui sont « contre » le contournement puisque la question était « la métropole décide de ne pas financer le projet ».

1612827958212


La réaction de l'avocat rouennais et normand Gwenahel Thirel:

https://www.linkedin.com/posts/gwenahel-thirel-avocat-35ba11a8_bravo-aux-%C3%A9lus-qui-oublient-l-int%C3%A9r%C3%AAt-g%C3%A9n%C3%A9ral-activity-6764807757213274112-x-6r/

bravo aux élus qui oublient l intérêt général au profit de petits accords électoraux
Quand on oppose économie et développement durable voilà ce qui arrive
Rien
En tout cas un très mauvais signal pour les entreprises qui souhaitent investir à Rouen

1612855852186


La colère du maire de Maromme...

https://www.linkedin.com/posts/david-lamiray-5ba25b75_david-lamiray-activity-6762309315702394880-3Fxa/

Ras-le-bol! Ce matin une jeune fille de 19 ans a perdu la vie dans la côte de la Vallette à #Maromme. Cette route est devenue le dévidoir de l’A150 qui est saturée et sur laquelle il y a eu pas moins de 19 accidents sur le l’axe Rouen-Maromme en 2 mois!

1612822521110


Vidéo du débat tenu au conseil départemental de la Seine-Maritime sur le Contournement Est de Rouen.

Attention! contenu édifiant!

Bertrand Bellanger, le président de la Seine-maritime dénonce la volte-face des élus socialistes du département suite au revirement du Nouveau Maître de Rouen alors qu'ils avaient soutenus ce projet deux ans auparavant lorsqu'ils étaient à la tête du département...

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=118923180129970&id=735045696693279&m_entstream_source=video_home&player_suborigin=entry_point&player_format=permalink


La joie bruyante des opposants:

https://www.paris-normandie.fr/id164029/article/2021-02-09/pas-de-contournement-est-de-rouen-ces-maires-de-leure-sont-prets-sabrer-le?mediego_ruuid=df11daff-b6d6-4631-9b03-7b6adf9455e1_0&mediego_euid=b00E80C&mediego_campaign=20210210_7130de2d-5a37-44d3-8049-be54233d8046

Pas de contournement est de Rouen : ces maires de l’Eure sont prêts à « sabrer le champagne »

DATA_ART_27635244

Autoroute. Les maires de communes de l’Eure, vent debout contre le projet de contournement Est de Rouen depuis des années, applaudissaient hier le désengagement de la Métropole Rouen Normandie. Au Département de Seine-Maritime, la déception est vive.

Le contournement Est de Rouen est pour ces maires de l’Eure une épée de Damoclès au-dessus de leurs communes, de leurs terres agricoles. Alors quand la décision de la Métropole de Rouen de renoncer au financement est tombée, lundi soir peu avant minuit, ils n’ont eu qu’une envie : « Sabrer le champagne, même s’il était tard. »

Arnaud Levitre (PCF), maire d’Alizay, fait partie de ces élus vent debout contre le projet d’autoroute de 41,5 km reliant l’A28 et l’A13 et dont le tracé doit traverser sa commune. « Une dizaine de colonnes de péages qui seraient venues percuter notre stade de foot », illustre Arnaud Levitre. Et même si ce vote de la Métropole* ne signe, pour l’instant, pas l’abandon définitif du projet, Arnaud Levitre y croit. « Le Département de l’Eure s’était désengagé [en 2016, NDLR], maintenant la Métropole de Rouen... Ça commence à faire beaucoup d’argent en moins. »

Janick Léger, maire PS de Léry, a ressenti hier « une joie immense de voir le danger s’éloigner ». Mais reste vigilante... « La CCI pourrait en faire un projet totalement privé, ou la Région Normandie pourrait allonger les 66 millions manquants [sur 886 millions, NDLR] », redoute Janick Léger, mobilisée dans l’association « Non au contournement » bien avant d’être élue. Mais au moins, souffle-t-elle, « on aura gagné du temps, et c’est ce que je vais dire à tous ceux qui viennent en mairie demander le tracé pour des achats immobiliers. J’ai même une famille qui a renoncé à un coup de cœur à cause du contournement ! »

« On a gagné une bataille, mais pas encore la guerre », résume Marc-Antoine Jamet, maire PS de Val-de-Reuil, qui se dit prêt, avec ses avocats, à continuer « d’attaquer systématiquement » toutes les décisions qui seront prises en faveur de la réalisation du tronçon autoroutier.

Que va décider l’État ?

Contacté par l’AFP, le ministère des Transports a pris acte du vote de la Métropole de Rouen, sans trancher sur l’avenir du contournement Est. « L’État a toujours rappelé son intérêt pour le projet (...), mais n’imposera pas un projet qui ne fait pas consensus parmi les acteurs locaux », a expliqué un porte-parole du ministère des Transports. L’État « attend les retours officiels de chacun », mais va « analyser en détail » les « propositions alternatives » de la Métropole.

De son côté, le président de la Région Normandie Hervé Morin est resté silencieux. Les conseillers régionaux doivent se prononcer lundi sur le contournement.

 — Soixante-seize élus ont voté pour la délibération proposant de renoncer au financement décidé en 2016 sous l’ancienne majorité socialiste. Quarante-trois ont voté contre. Quatre se sont abstenus. Deux étaient absents, sans avoir donné de pouvoir.

La colère du Département 76

Le désengagement de la Métropole de Rouen dans le projet de contournement Est ne fait pas que des heureux. Le président du Département de la Seine-Maritime, Bertrand Bellanger a ainsi exprimé dans un communiqué sa déception et sa colère « vive face à cette décision du Conseil métropolitain, basée sur une délibération pleine de contre-vérités et d’inexactitudes ». Et rappelé que, le 14 janvier dernier, « à une très large majorité des suffrages exprimés, le Département de la Seine-Maritime a fait face à ses responsabilités en réitérant son engagement financier » pour ce projet crucial à plus d’un titre ajoute-t-il, que ce soit pour le port de Rouen ou pour le « décongestionnement de l’agglomération rouennaise ».


A la région Normandie, on assure que le projet n'est pas enterré: une fois encore, la région Normandie pour les élus de la métropole de Rouen n'est qu'un... carnet de chèques!

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/contournement-est-de-rouen-la-region-et-le-departement-n-ont-pas-dit-leur-dernier-mot-1612892944

Contournement est de Rouen : le projet n'est pas encore enterré pour la Région et le Département

La Métropole de Rouen a voté lundi 8 février contre le financement du contournement est, remettant en cause un projet de près de 50 ans. La Région Normandie et le Département de la Seine-Maritime ne décolèrent pas contre cette décision mais espèrent encore sauver le contournement.

La date restera-t-elle comme celle de l'enterrement du contournement est de Rouen? Lundi 8 février 2021, le conseil métropolitain a dit non au financement de ce projet autoroutier vieux de près de 50 ans, devant relier l'A13 à l'A28 dans le but de décongestionner l'agglomération. Pour la majorité PS/EELV, le contournement est de Rouen - chiffré à 886 millions d'euros - est aujourd'hui un contre-sens écologique

Le Département de la Seine-Maritime et la Région Normandie, qui financent aussi le projet, ne sont absolument pas de cet avis. "Tous les jours, on a des Rouennais, des Normands qui s'emmerdent avec des problèmes de bouchons ! On pouvait évacuer tout ça en faisant en sorte d'avoir une circulation beaucoup plus fluide et tout ça tombe à l'eau alors que ça fait près de 50 ans que Rouen attend ça", s'exclame Hervé Morin, le président centriste de la Région Normandie.  

Bertrand Bellanger, le président divers droite du Département de la Seine-Maritime, tient un discours similaire : "Quand on interroge nos concitoyens coincés tous les matins dans les embouteillages aux entrées de la Métropole, on peut comprendre que la coupe est pleine. Il y en a qui nous expliquent qu'ils veulent sauver la planète, nous on veut simplement sauver notre territoire et ses habitants !"

Mais les défenseurs du contournement est de Rouen ne s'avouent pas encore vaincus. Mardi matin, quelques heures après le vote de la Métropole, Pascal Houbron - maire de Bihorel et conseiller régional - lance cette idée sur France Bleu Normandie : "La Région pourrait peut-être financer une partie de ce que la Métropole ne veut pas faire en prenant notamment sur le contrat de territoire qui était dédié à la Métropole. Ainsi la Métropole récupérant ces 66 millions pourrait faire les projets à la place du financement de la Région." 

Le contournement est en grand danger mais pas encore enterré - Bertrand Bellanger, président du Département de la Seine-Maritime

Interrogé sur ce projet de contournement pas encore enterré, Hervé Morin n'est d'un coup plus très bavard : "Rendez-vous dans quelques jours, c'est tout ce que je peux vous dire." Le conseil régional doit justement se retrouver en séance plénière lundi 15 février pour décider à son tour de l'opportunité d'un contournement est de Rouen. 

De son côté, Bertrand Bellanger, le président du Département de la Seine-Maritime, déclare dans un communiqué à l'issue du vote de la Métropole : "le contournement est ce soir en grand danger mais pas encore enterré". Sur une éventuelle reprise de financement, il reste là prudent : "Tout cela représente des sommes importantes d'argent public. Ce sont des décisions qui ne se prennent pas d'un coup de baguette magique. Tout cela s'étudie et je peux vous dire que les équipes, les élus du Département travaillent d'arrache-pied."

Et l'Etat, qu'en pense-t-il ? Il devait apporter 245 millions d'euros pour le contournement est de Rouen, c'est le plus gros financeur du projet. Le préfet de la Seine-Maritime ne souhaite pas communiquer avant le vote de la Région lundi 15 février. Mais interrogé ce mardi par l'AFP, le ministère des Transports a une nouvelle fois affirmé que l'Etat n'imposera pas un projet qui ne fait pas consensus parmi les acteurs locaux.

à lire aussi Contournement Est de Rouen : le retrait du financement de la métropole suscite l'incompréhension


Pièces à conviction:

L'ordre du jour de la séance du 8 février 2021 du conseil métropolitain de Rouen:

https://www.metropole-rouen-normandie.fr/sites/default/files/documents/assemblees/2021-02/ODJ_Conseil%20du%208%20f%C3%A9vrier%202021.pdf

Lire sous le lien suivant le texte de la délibération proposée au vote du conseil métropolitain de Rouen le 8 février dernier (à partir de la page 21):

https://www.metropole-rouen-normandie.fr/sites/default/files/documents/assemblees/2021-02/Dossier_projets_de_deliberation_C.8.02.21.pdf